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La grande aventure continue


La grande aventure intra-spatiale, intersubjective, intranet et internet continue sur :


Parce que Yahoo 360, merde, c'est vraiment trop naze.
mardi, 24 mars 2009 - 18:58 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
La grande aventure continue


La grande aventure intra-spatiale, intersubjective, intranet et internet continue sur :


Parce que Yahoo 360, merde, c'est vraiment trop naze.
mardi, 24 mars 2009 - 18:56 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
Réponse à Emmanuel Meirieu, metteur en scène

Emmanuel Mérieu,

J’ai le tutoiement facile, me le pardonneras-tu ?

Déjà merci beaucoup d’avoir répondu à mon message. Oui le hasard fait bien les choses – enfin, parfois, parce que si on s’en tient à des textes genre American Buffalo…

Ai-je apprécié la pièce ? Ai-je été déçu ?

Eh bien, un peu des deux à la fois.

Avant de développer davantage, je dois préciser que je ne « connais » absolument rien au théâtre. Je n’ai pas fait d’études, toute science dramatique m’est étrangère… Donc ce que je vais écrire est moins à prendre qu’à laisser. Je parle brut de coffrage.

Sans oublier que mes souvenirs se sont atténués, depuis le mois de mars…

Ce que j’ai apprécié dans la pièce, c’est d’abord le texte de Mamet – texte que je ne connaissais pas. J’aime beaucoup la littérature américaine, pour des auteurs qui explorent souvent le même genre de thématique (le fric, la survie, la solitude, l’échec) : Harry Crews, Raymond Carver, Chester Himes par exemple. Avec ce texte je me suis trouvé en terrain connu.

Pour avoir vécu au Canada, je peux te dire que le décor était bien rendu. On était vraiment aux Etats Unis, à Chicago. On avait presque l’impression que la pièce était « doublée » et que les acteurs, en vérité, s’exprimaient en anglais, tant c’était réaliste. Sûrement grâce aux accessoires et au décor.

La tension progressive qui s’installe dans le texte trouvait un écho dans la mise en scène. Outre les dialogues, il y avait quelque chose qui laissait entendre le dénouement tragique (mais quoi ? je ne me souviens plus !). Le sang sur la scène prenait vraiment aux tripes. J’ai éprouvé la violence et l’injustice de cette situation finale, surtout grâce à l’acteur qui jouait Don (désolé de ne pas avoir retenu son véritable nom).

Et ce qui m’a déçu, c’est justement par rapport à Don.

Jusqu’au dénouement, de ma position dans la salle (j’étais tout en haut à côté de l’espèce de console son lumière – je ne sais pas ce que c’est au juste - plutôt sur la droite), je n’ai pas vu une seule fois le visage de Don. Je ne voyais que son dos – et je m’en rappelle très bien ! C’était frustrant, car même ce dos (massif, musculeux, suant, tendu jusqu’à la crampe) transmettait quelque chose, et si j’avais pu le voir un peu de face, ç’aurait été encore mieux ! D’ailleurs je regrettais qu’il ne bouge pas plus : les autres personnages s’activaient, mais son enracinement à lui, tant il avait de l’ascendant sur la scène, rendait l’ensemble statique.

Quant à l’orchestre, je ne sais pas. J’ai trouvé au début la démarche bizarre. Ça faisait « très intello », un peu guindé même. Bien sûr les musiciens faisaient un très bon travail. Le problème, c’est que l’orchestre de jazz créait une sorte de décalage avec les personnages. Je ne crois pas que des gens comme Don, Prof et Bobby écouteraient ce genre de musique… Je l’ai senti un peu comme s’il fallait à tout prix magnifier la misère, la faire « jazzy », pour la rendre acceptable aux bourgeois.

Cela dit pendant la pièce je me suis habitué à la présence de la musique.

Bon, voilà mes souvenirs.

Je ne suis pas retourné au théâtre depuis. Une seule fois quelque chose m’a intéressé, mais la représentation a été annulée.

Merci encore pour ta réponse,

Stoni

Tags: emmanuel_meirieu, théâtre, american_buffalo, david_mamet
lundi, 5 janvier 2009 - 11:08 (CET) Lien permanent | 2 commentaires
"La parole en chantier"

Un article très vite fait en passant…

J’ai dû m’habituer. Ou bien traversé-je une période pacifiste.

Mercredi soir, je n’ai pas réagi. J’ai laissé couler. J’étais distrait, aussi, je pensais à autre chose – au travail que je mène depuis plusieurs mois.

Mercredi soir, je suis allé à une projection gratuite organisée par la municipalité lyonnaise. L’écran géant avait été installé à l’extérieur, sur une place de mon quartier. Le programme était réservé à des courts-métrages sur le thème de la réhabilitation urbaine. Ces derniers termes sentent, puent un peu, même, le langage désincarné et utilitaire de la technostructure. Mais ils ne m’ont pas effrayé, car, après une journée torride, j’aspirais à sortir, à profiter de la douceur de la nuit. Alors, pourquoi pas ? Oui, je suis pacifiste, en ce moment.

Un documentaire, La parole en chantier, de Nicolas Habas, était diffusé. Pendant, je le répète, j’ai regardé passivement. Après, face à l’outrance de mon copain, j’ai été obligé de me réveiller. Bien sûr, j’avais remarqué ce qui l’avait choqué. Mon cerveau, toutefois, avait décliné le courage de s’offusquer. Je suis fatigué. Et accoutumé au pire.

Pourtant, le documentaire était bien conçu, bien monté. Rien à dire. Le réalisateur avait interrogé les habitants d’un quartier HLM d’Angoulême, Ma Campagne. Pas seulement les habitants, en fait, mais aussi les professionnels et les élus impliqués dans son projet de réhabilitation urbaine. Projet de réhabilitation urbaine ? Comprenez : tout démolir pour reconstruire. On souhaite y encourager la mixité sociale. Comprenez : les loyers des

nouvelles habitations augmenteront, et les plus pauvres dégageront.

Voilà. Alors, durant quarante-cinq minutes, agents de la technostructure et politiciens sociaux-démocrates déguisent la chose par des atours humanistes. Le problème, c’est l’architecture. Le problème, c’est les pauvres qu’il faut mieux encadrer (dans tous les sens du terme). Scolastique de classe dominante. Immeubles en vis-à-vis, vous êtes les seuls responsables. Immeubles tout court, vous êtes les seuls responsables : comme le rappelle un urbaniste déconnecté, quand on entend les voisins du dessus, on ne peut pas être heureux. Immeubles responsables de quoi, au fait ? Là, on ne sait trop répondre. La cité est-elle dangereuse ? Des habitants disent oui, d’autres non. Les habitants, justement, suscitent le sourire du public lyonnais. Le public qui glousse et approuve. Ce qu’ils sont marrants, ces pauvres. On applaudit presque aux remarques spirituelles des habitants les plus pittoresques, on s’en régale, comme ces perles de collégiens répertoriées dans des bouquins cadeaux de Noël. « Mon quartier, je l’aime parce qu’il y a un mélange, y’a de toutes les origines et de toutes les races, toutes les couleurs, mon quartier c’est United Color of Benetton, quoi ! » Le public se gondole. Le langage de la publicité est universel, tant mieux, les pauvres l’ont bien intégré, ainsi peut-on plaisanter avec eux. Et puis, un peu de bienveillance de gauche envers les pulsions libertaires n’a jamais fait de mal à personne : « Faudrait laisser l’accès libre aux toits. Les portes qui conduisent aux toits, pour l’instant, elles ont des verrous, et nous les jeunes, on est obligés de les casser à chaque fois. » Grands éclats de rire. Connivence transgressive. Parce que, la transgression délinquante, ce n’est jamais aussi fendard que quand ça ne se déroule pas chez soi.

Allez, les lyonnais trentenaires, électeurs du PS et des Verts, ce soir, c’est le grand festival du pauvre ! Ne vous inquiétez pas, on vous donnera bonne conscience. Il suffit de tout raser, dans les banlieues. Les rires sont garantis. On vous fournit même le pop-corn (véridique). On ne vous parlera pas du montant du SMIC horaire, on ne vous assommera pas avec les conditions de vie quotidienne du pauvre. D’ailleurs, vous n’aurez aucun aperçu de l’intérieur de ces HLM promis à la démolition. Les appartements, vous n’en verrez rien. Vous verrez les façades détériorées (oui, vraiment, à ce point, il faut tout raser !). Vous verrez ce qui va changer. L’extérieur. L’intérieur, non, vous ne verrez pas, car ça ne changera pas. Du moins, chez les heureux ménages qui pourront se permettre de rester. C’est beau, l’humanisme début de siècle. Vous allez adorer. Une petite immersion dans le drame des cités. Des cités United color of Benetton, c’est plus joli. Il y aura des perles de pauvres. Soigneusement sélectionnées. Du misérabilisme, mais au compte-goutte. Clou du spectacle : quelques allusions moqueuses sur la police (trop marrant, les flics incompétents qui font pas leur boulot !). On va se fendre la gueule, comme une virée au zoo ! Pas seulement du rire, mais de l’émotion, en outre. Vous aurez droit à votre petit morceau de rap sur la téci en clôture du programme. Du gentil rap, n’ayez pas peur, du rap qui se voudrait poétique.

Des chômeurs clownesques, de splendides barres HLM toutes neuves, de la mixité sociale, des urbanistes verbeux, des élus socialistes compréhensifs et du rap lamartinien : la téci sociale-démocrate, elle fait trop kiffer le public lyonnais.

Moi, un peu moins.

Un moment d'absence


Chers lecteurs, après tous ces mois de fréquentation constamment en hausse, je vous dois quelques explications au sujet de mon silence.

Pendant un certain temps (deux mois ? six mois ? un an ?), il est fort probable que je ne posterai plus d’article, ni de planche de bande dessinée – quand je vous avais dit que je ne la terminerais jamais, hein !

J’ai récemment rencontré quelqu’un dont j’estime beaucoup le travail littéraire. Cette personne m’a suggéré bien des choses, entre autres de réécrire un roman, parce que ce roman le mérite, à ses yeux, et aux miens également.

Je m’y consacre avec une ferveur inouïe. Et j’en suis très heureux, même si cela est douloureux, laborieux et épuisant.

Votre compagnie me manquera. Pour ceux d’entre vous qui éditez aussi vos propres blogs, je vous promets d’essayer d’y venir de temps à temps.

Je laisse cet espace ouvert à tous, parce qu’il a toujours été dédié à ceux qui avaient la gentillesse d’y venir.

Avant cette saison du silence, si j’ai une dernière chose à vous écrire, c’est bien merci.

vendredi, 11 avril 2008 - 15:25 (CEST) Lien permanent | 0 commentaires

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