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Indépendance des Chercheurs

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Dernière mise à jour :
lun., 18 févr. 2008
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Indépendance des Chercheurs Affichage des articles complets | Affichage de la liste des articles

Problèmes de la recherche et des institutions scientifiques. Elections au Comité National de la Recherche Scientifique.

Nouveau complément à notre profession de foi (7 avril 2008)

Troisième addendum : la recherche française, au bord du gouffre.


L'avenir du CNRS paraît sérieusement compromis, après l'annonce de sa transformation progressive en une simple agence de moyens faite par Nicolas Sarkozy à Orsay le 28 janvier et confirmée dans un discours du 5 mars qualifiant le statut des chercheurs de « vieux statut mité ». Même si la présidente du CNRS s'est efforcée de rassurer personnels et opinion publique dans son interview du 2 avril dans Le Monde, le CNRS s'est déjà vu retirer son rôle national en matière d'évaluation au bénéfice de l'AERES. Les conseils d'administration du CNRS et de l'INSERM ont soutenu, comme souhaité par Valérie Pécresse, le découpage en instituts de ces établissements. Un mode d'organisation qui avait toujours été rejeté à cause du risque de cloisonnement et d'affaiblissement de l'interdisciplinarité et de l'indépendance des chercheurs. Catherine Bréchignac déclare : « L'intérêt d'un institut est de s'occuper (...) de la programmation de la recherche à long terme, ainsi que de la mise en réseau pour une meilleure synergie au niveau international ». Mais toute la recherche ne se programme pas à long terme, ni ne nécessite de mises en réseau. La présidente du CNRS confirme en réalité la stratégie de transfert aux universités de l'essentiel des activités de recherche. Seuls les grands programmes et les grands équipements resteront de la compétence du CNRS dans ce schéma. Pas pour longtemps car, d'après les principes définis par le Traité de Lisbonne, leur organisation reviendra à terme à l'Union Européenne.


Voir nos notes de blog récentes :

« Sarkozy, Pécresse, la « réforme » du CNRS et le « vieux statut mité » des chercheurs français » (23 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/18/nicolas-s...

« « Réforme » du CNRS et de l'INSERM, interdisciplinarité et perspectives de cloisonnement de la recherche française » (29 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/28/reforme-du-cnrs-interdisciplinarite-et-perspectives-de-cloi.html

« Recherche scientifique française : peut-on partager la précarité ? » (2 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/recherche...

« Les missions du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (3 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/le-cnrs-et-l-interview-de-catherine-brechignac-du-2-avril.html

« L'interdisciplinarité du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (7 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-interdi...


Il semble bien que la recherche française ait été engagée dans une voie très dangereuse. Le Traité de Lisbonne en cours de ratification risque de comporter le transfert à l'Union Européenne, et la délocalisation, d'une partie importante de ses moyens. Une menace directe pour l’IN2P3 et l’INSU, ainsi que pour l’ensemble des activités organisées dans des structures dites « fédératives ». En même temps, la disparition programmée des grands établissements de recherche français ne pourra que favoriser l'emprise des institutions européennes sur le financement et l'organisation de nos activités scientifiques. D’ailleurs, la transformation à terme du CNRS en agence de moyens n’est plus viable dans le contexte du Traité de Lisbonne. La situation est donc très grave.


Indépendance des Chercheurs


http://www.geocities.com/indep_chercheurs


http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com



lundi, 7 avril 2008 - 18:06 (CEST) Lien permanent | 0 commentaires
Nos sites et blogs
Le site "Indépendance des Chercheurs" :

http://www.geocities.com/indep_chercheurs

fonctionne à nouveau. Il y avait eu une panne technique pendant deux jours.

Vous pouvez également visiter notre blog international

http://science21.blogs.courrierinternational.com


Cordialement

Indépendance des Chercheurs

indep_chercheurs@yahoo.fr
dimanche, 16 mars 2008 - 12:11 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
Suite de notre profession de foi évolutive
En attendant qu'un problème technique survenu sur notre site : http://www.geocities.com/indep_chercheurs (espérons qu'il ne s'agit pas d'un piratage) ait été résolu, voici la suite de notre profession de foi évolutive.

Deuxième addendum (14 mars 2008) : la menace de délocalisation de la recherche scientifique

On commence à entendre, de la part de certaines coupoles, des cris d’alerte de plus en plus pressants quant aux conséquences de la politique de délocalisations des deux dernières décennies. On nous avait dit jusqu’à présent que les délocalisations ne concerneraient que le travail dit « peu qualifié ». C’était nier l’évidence, par exemple, de la délocalisation de composantes importantes de la recherche pharmaceutique. Mais à présent, c'est contre cette idée de base que s'est inscrit en faux l'ancien ministre français Jacques Barrot, actuellement vice-président de la Commission Européenne, dans un article publié par Les Echos le 10 mars 2008, intitulé : « Les illusions d'une Europe sans industries ». Barrot écrit notamment :

« Voilà bien une autre illusion : celle de pouvoir rester des donneurs d'ordres à des sous-traitants implantés dans les pays émergents. Celle de prétendre développer une innovation performante sans qu'elle soit fécondée par le nombre et le savoir-faire des exécutants, comme elle le sera notamment en Asie ».

(fin de citation)


Un discours qui tranche avec celui du rapport de juillet 1999 intitulé « Rapport sur les négociations commerciales multilatérales », signé par l'alors députée européenne Catherine Lalumière, ancienne ministre et ancienne secrétaire d'Etat, avec un Inspecteur général des Finances, un conseiller référendaire à la Cour des Comptes et un chargé de mission au Parlement Européen, estimait notamment :

« La libéralisation des échanges offre deux avantages essentiels : elle permet, d'une part, la spécialisation des activités et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accroît, d'autre part, les débouchés qui s'offrent à chaque industrie et conduit donc à une réduction de ses coûts. Les gains qui en résultent, on l'oublie souvent, bénéficient aux consommateurs dont le pouvoir d'achat se trouve accru.

(...)

On observe, depuis vingt ans, une détérioration de la situation relative des travailleurs dont la qualification ne correspond pas aux offres d’emploi, dans tous les pays développés. (...) En Europe, où la réglementation assure un certain niveau de salaire minimal, les travailleurs dont la qualification est moins demandée ou qui sont peu qualifiés ont été proportionnellement les plus frappés par le chômage.

(...)

... Il y a des perdants nets au libre-échange. Dans les pays développés, ce sont les travailleurs les moins qualifiés. Avec l'ouverture des frontières, leur production est concurrencée par celle des pays émergents, la valeur attachée à leurs services diminue, leurs salaires sont poussés à la baisse et leur emploi est menacé. A l'inverse, les travailleurs les plus qualifiés voient leurs services de plus en plus valorisés. Leur production trouve de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Ils bénéficient d'une demande croissante et leur rémunération s'améliore ».

(fin de citation, document accessible sur le site du Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi)

Cette doctrine avait confirmée et maintenue par la suite, malgré les alternances politiques de façade. En juin 2003, l’alors ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Francis Mer déclarait dans une interview publiée par le journal Les Echos :

« Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s'appelle la spécialisation internationale du commerce. Prenez l'exemple de la sidérurgie : ce type de métier doit, pour assurer sa survie en Europe, se concentrer au maximum sur le savoir, et localiser sa production là où les coûts, qu'il s'agisse des salaires ou des matières premières, sont les plus avantageux. C'est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l'Europe se mobilise sur l'innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...) ».

(fin de citation)


L’article de Jacques Barrot ce cette semaine acte l’échec d’une politique appliquée depuis deux décennies par tous les gouvernements qui se sont succédés. Mais la « réforme » prévue, mettant en cause l’existence du CNRS, suit le courant de la « pensée unique » des années 1980 - 2000. A présent, la recherche scientifique et technologique française risque d’être l’une de ses principales victimes. Le transfert des moyens budgétaires du CNRS à des universités programmées pour travailler avec les mêmes milieux financiers et les multinationales qui se trouvent à l’origine des délocalisations, augure le pire. Il en est de même des transferts de moyens à des institutions européennes qui non seulement pratiqueront des délocalisations « internes » à l’Union Européenne, mais sont acquises à la politique de la grande finance.


Voir nos trois derniers articles :

«Vers une délocalisation générale de la recherche scientifique française et européenne ? » (11 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers-une-...


« Création d'un Institut européen d'innovation et de technologie et casse programmée du CNRS français » (12 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/creation-...


«
Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique » (13 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalis...


La préservation du service public de la recherche, de ses moyens et de l'indépendance des chercheurs est devenue un enjeu citoyen de première importance. Il est donc urgent de se mobiliser à tous les niveaux contre le projet de démantèlement du CNRS, contre toute tentative de délocalisation de la recherche française et pour la stabilité de l'emploi scientifique. Mais la responsabilité de la situation qui s’est créée ne revient pas uniquement à l’actuel gouvernement, ni à celui d’avant mai 2007. Les lois votées en 2006 et 2007 n’ont été que la suite d’un long processus.


samedi, 15 mars 2008 - 06:58 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
La recherche française et le communiqué issu de la réunion du 4 mars
Que penser du communiqué de « plus de 600 directeurs de laboratoires et membres d'instances scientifiques » réagissant au discours prononcé à Orsay le 28 janvier par Nicolas Sarkozy et à la « feuille de route » de Valérie Pécresse pour le CNRS ? Voici le texte issu de la réunion du 4 mars à Paris :

http://4mars.recherche-enseignement-superieur.fr/spip.php?article4



Communiqué de presse suite à la réunion du 4 mars 2008

mardi 4 mars 2008


Ce mardi 4 mars 2008, plus de 600 directeurs de laboratoires de recherche et membres d’instances scientifiques de tout le territoire se sont réunis à Paris pour exprimer leur vive inquiétude sur le nouveau paysage de la Recherche qui est en train de voir le jour au travers des réformes, déjà mises en place (loi d’orientation et de programmation de la recherche de 2006), ou en train de l’être (loi LRU sur les universités), ou annoncées dans le discours du président de la République du 28 janvier dernier.

Nous considérons comme indispensable d’effectuer une évaluation de ces réformes. Ce bilan doit être un préalable à toute nouvelle réforme qui, à défaut, constituerait une fuite en avant.

Nous réaffirmons que toute réforme doit respecter les principes fondamentaux qui suivent, conditions indispensables pour que la recherche française puisse conserver son rang dans les grandes nations scientifiques et accroître son rayonnement international :

- Le plus important d’entre eux est le respect de l’autonomie du champ scientifique par rapport au politique.

- La recherche fondamentale visant à faire progresser la connaissance, sur un front large, est indispensable pour avancer sur les grands enjeux stratégiques et sociétaux, ceux-ci pouvant être dégagés par la puissance publique. Elle doit s’appuyer sur la coopération et non sur la concurrence.

- Les différents opérateurs de recherche (organismes et établissements d’enseignement supérieur) ont vocation à mener une politique scientifique, se concrétisant et se complétant au niveau du laboratoire.

- Un renforcement significatif des financements de base pluriannuels alloués aux laboratoires de recherche, par rapport aux financements sur projets à court-terme plus finalisés (Agence Nationale de la Recherche), est indispensable. Remarque : les financements de base des laboratoires sont en forte baisse (par exemple baisse de 15% en moyenne en 2008 au CNRS).

- L’attractivité des métiers de la recherche passe non seulement par une revalorisation des rémunérations et des carrières des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, mais aussi par le renforcement d’une politique de recrutement sur poste permanent le plus rapidement possible après la thèse. Le doctorat doit être réellement reconnu comme diplôme professionnel.

- Les conditions permettant aux enseignants-chercheurs d’exercer leur activité de recherche doivent être améliorées.

- Le CNRS, opérateur de recherche généraliste, pluridisciplinaire, est un garant de la recherche fondamentale, et un partenaire des établissements d’enseignement supérieur. La transformation du CNRS, après l’INSERM, en un ensemble d’instituts présente de ce point de vue des risques d’éclatement de l’organisme.

- L’évaluation des personnels et des structures à l’échelle nationale doit comporter une forte proportion d’élus par les pairs.

Nous, directeurs de laboratoires et membres d’instances scientifiques, avons des propositions à faire sur l’évolution de la politique de recherche et les remettrons au plus vite. Nous maintenons la vigilance et prendrons toute action appropriée si les décisions gouvernementales remettaient en cause les principes que nous venons d’énoncer.


(fin de citation)


Notre premier commentaire :
Cette déclaration comporte des points positifs (dénonciation du risque d’éclatement des organismes comme le CNRS ; défense de la stabilité de l’emploi scientifique…). Elle est floue, en revanche, sur d’autres. Par exemple, que faut-il entendre par « autonomie du champ scientifique » ? Une telle « autonomie » risque d'être, tout compte fait, celle de quelques « chefs ». Le principe de l’indépendance des chercheurs (de chaque chercheur ! ) n’est pas clairement affirmé, et ce sont des « directeurs » et des « membres d’instances » qui s’expriment théoriquement en leur nom. Malheureusement, ce type de démarche apparaît trop souvent devant l’opinion publique comme une mobilisation de personnes influentes. Au point que Le Monde intitulait son article 4 mars sur cette réunion : « 600 patrons de laboratoire sonnent la mobilisation des chercheurs ». C’est sans doute le grand point faible des principales initiatives dites de « défense de la recherche » depuis les années 1990, et la source de nombreuses ambiguïtés récurrentes de ces mouvements qu’il conviendra d’analyser.


vendredi, 7 mars 2008 - 10:34 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
La « feuille de route qui est désormais fixée » pour le CNRS par Valérie Pécresse
Voici la « feuille de route » de Valérie Pécresse pour le CNRS, telle qu'elle a été mise en ligne par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche :



La Ministre


Paris, le 27 février 2008


Madame la Présidente,

A la suite du discours prononcé le 28 janvier dernier par le Président de la République à l’université d’Orsay, je souhaite vous préciser la feuille de route qui est désormais fixée à votre organisme de recherche. Cette feuille de route s’inscrit dans la dynamique de moyen-long terme du plan stratégique du CNRS en cours d’élaboration et dans le cadre du contrat d’objectifs dont l’adoption est prévue avant la fin de l’année 2008.

Le CNRS est aujourd’hui le principal organisme de recherche en France. Généraliste, il couvre l’ensemble des champs de la connaissance scientifique. Opérateur de recherche, mais aussi agence de moyens, avec près de mille unités mixtes de recherche, le CNRS est le premier partenaire scientifique des universités et des grandes écoles.

Sa capacité d’organisation à grande échelle lui donne une responsabilité particulière, à côté d’autres organismes, dans la conception, la construction et la gestion des très grandes infrastructures de recherche.

La société attend donc de la part du CNRS, dont la place dans le contexte européen et international est reconnue, une contribution essentielle à l’effort de recherche de notre pays, à la hauteur de ses moyens et des compétences qu’il rassemble.

La modernisation en cours de notre système de recherche, initiée par la création de l’Agence Nationale de la Recherche en 2005 et amplifiée par les lois d’avril 2006 (loi de programme pour la recherche) et d’août 2007 (loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités), modifie l’environnement scientifique du CNRS et la nature même de ses partenariats, en créant les conditions de l’émergence d’universités plus autonomes. Le CNRS doit prendre en compte ces changements et adapter son positionnement global, dans le cadre d’une stratégie en harmonie avec le mouvement de modernisation ainsi lancé.

Dans ce nouveau contexte, vous me proposerez, en première priorité, les modalités d’une modernisation du partenariat du CNRS avec les universités, appelées, dans le cadre de l’autonomie, à devenir des acteurs moteurs de notre dispositif de recherche. Ce nouveau partenariat devra d’abord s’accompagner d’une simplification et d’une clarification de la gestion administrative et financière des unités mixtes de recherche, en lien avec les recommandations du groupe de travail présidé par M. François d’AUBERT.

Vous devrez ensuite explorer, avec les autres organismes et les établissements d’enseignement supérieur, la possibilité de simplifier les tutelles des laboratoires en étudiant notamment la possibilité de limiter à deux le nombre des tutelles scientifiques, l’une à vocation nationale, l’autre locale. Le rôle du CNRS dans les orientations scientifiques et les modalités de financement récurrent et d’allocation d’autres ressources (équipements mi-lourds, personnels…) devront faire l’objet de discussions approfondies avec les universités, dans le cadre des nouvelles responsabilités qui seront progressivement les leurs.

Dans le cadre de ce nouveau partenariat, le CNRS devra aussi concourir avec les universités à l’émergence de Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), visibles à l’échelle internationale, dont la loi d’avril 2006 a permis la création.

L’ensemble de ces objectifs implique une évolution de l’organisation interne de l’organisme. Afin d’améliorer la lisibilité et la prévisibilité de l’action du CNRS, vous réfléchirez à l’opportunité de substituer aux départements scientifiques actuels une structuration en grands instituts nationaux de recherche, dans l’esprit de l’INSU ou de l’IN2P3, favorisant les coopérations entre les divers acteurs et constituant un ensemble réactif placé sous la responsabilité de la direction générale du CNRS. Cette nouvelle structuration de l’établissement devra permettre une coordination à l’échelle nationale de la politique scientifique menée dans les laboratoires financés par le CNRS et une mise en cohérence de leurs demandes de moyens.

Vous appuierez votre politique scientifique sur l’évaluation de l’ensemble des unités mixtes ou propres du CNRS par l’AERES. Ceci vous conduira à repenser les missions de vos instances d’évaluation et à les articuler avec celles de l’AERES et du Conseil National des Universités.

Vous prêterez toute l’attention nécessaire aux liens qu’il convient de développer entre recherche et innovation, au service du développement économique et de la richesse de notre pays. Pour cela, la valorisation de la recherche et les transferts de technologie ont vocation à s’organiser de manière décentralisée, à s’incarner dans les territoires, en partenariat avec les universités et les écoles, dans une logique de proximité. Les PRES seront à cet égard des outils précieux. Vous participerez à l’émergence, dans chaque région ou ensemble de régions, d’un point de rencontre entre les porteurs d’innovations scientifiques et les porteurs de projets industriels et contribuerez à la structuration de pôles d’excellence de niveau mondial.

Enfin, le CNRS doit améliorer sa gestion des ressources humaines, dans l’esprit du nouveau partenariat qu’il développera avec les universités et les écoles. Sans remettre en cause le statut des chercheurs en activité et en maintenant un flux de recrutement de jeunes chercheurs propres au CNRS, vous rechercherez les moyens de favoriser une plus grande fluidité entre les corps de chercheurs et d’enseignants-chercheurs.

Dans le cadre du renouvellement des personnels des universités et du CNRS, vous vous attacherez à définir, dans le cadre de procédures communes, les conditions de recrutement d’une certaine proportion d’enseignants-chercheurs de haut niveau, qui consacreront pendant plusieurs années l’essentiel de leur activité à la recherche. Vous aurez également le souci d’une gestion concertée des personnels d’appui à la recherche au sein des unités.

Il serait souhaitable, qu’avant la négociation du contrat pluriannuel qui liera votre établissement à l’Etat, des perspectives prévisionnelles de recrutement, discipline par discipline, et par type d’emploi, puissent être élaborées. Elles sont en effet indispensables pour préparer au mieux le remplacement des nombreux départs en retraite que connaîtra votre organisme et traduire des priorités stratégiques de recherche clairement identifiées.

En tant qu’acteur national, le CNRS doit en effet promouvoir une gestion prévisionnelle des compétences et des métiers, au service de tous les acteurs de la recherche, et mobiliser ses personnels pour contribuer à l’excellence des formations universitaires. Sur ce dernier point, des conventions devront être établies entre le CNRS, les universités et les écoles.

L’ensemble de vos propositions sera discuté puis validé par la tutelle dans le cadre du plan stratégique que le CNRS doit adopter au premier semestre 2008. Ces évolutions importantes seront ensuite déclinées dans un contrat d’objectifs pluriannuel qui devra être adopté avant la fin de l’année 2008 et qui actera le soutien de l’Etat à votre contribution à la modernisation du système de recherche de notre pays.


Veuillez agréer, Madame la Présidente, l’expression de ma meilleure considération.


Valérie PECRESSE


(fin de citation)


Notre premier commentaire:
Cette
“feuille de route” apparaît comme le début d’un processus destiné à vider le CNRS de son contenu en tant qu'organisme de recherche. Que signifie le mot “modernisation” ? Il a été employé invariablement, à propos du CNRS, par tous les gouvernements qui se sont succédés depuis la fin des années 1970. Se pose ensuite la question du contenu et de la cohérence de cette politique. Il paraît contradictoire de vouloir démanteler le CNRS pour transférer ses effectifs et ses moyens à des universités régulièrement mises à mal par un classement comme celui de l’Université Jiao Tong de Shanghaï, élaboré d’après les mêmes critères sur lesquels le gouvernement entend se fonder. Surtout, dans un contexte législatif de renforcément incessant du pouvoir de plus en plus discrétionnaire des coupoles universitaires tacitement mises en cause par un tel classement. Une telle “réforme” ne va-t-elle pas, précisément, dans un sens contraire de ce qu'il conviendrait de faire ?


vendredi, 7 mars 2008 - 08:54 (CET) Lien permanent | 0 commentaires

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