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Indépendance des Chercheurs

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lun., 18 févr. 2008
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Indépendance des Chercheurs Affichage des articles complets | Affichage de la liste des articles

Problèmes de la recherche et des institutions scientifiques. Elections au Comité National de la Recherche Scientifique.

Notre profession de foi 2009 (élections au Conseil d'Administration du CNRS)

DECLARATION DE PRINCIPES DE LA LISTE

« INDEPENDANCE DES CHERCHEURS »

POUR L'ELECTION 2009 (COLLEGE CHERCHEURS)

DES REPRESENTANTS DU PERSONNEL

AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CNRS


Candidats :

Luis Gonzalez-Mestres (CR1 CNRS, Section 03, UMR 5814)

(Téléphone : 0450091664 ; Fax : 0153790256 ; Portable : 0620601187)

Jacques Gabarro Arpa (CR1 CNRS, Section 21, UMR 8113)


indep_chercheurs@yahoo.fr
, http://www.geocities.com/indep_chercheurs

Infos et communiqués: http://fr.groups.yahoo.com/group/indep_chercheurs

Blog « La Science au XXI Siècle » : http://science21.blogs.courrierinternational.com


NON AU DEMANTELEMENT DES EPST, ABROGATION DE LA LRU ET DE LA LOI D’AVRIL 2006 SUR LA RECHERCHE, SUPPRESSION DE L’ANR ET DE L’AERES, RETRAIT DES MESURES RECENTES
DE « RESTRUCTURATION » DU CNRS !


POUR UNE PLUS GRANDE CLARTE ENVERS LES PERSONNELS ET LES CITOYENS

Ces élections interviennent à un moment critique pour le CNRS. Plus globalement, l'avenir des services publics de la recherche et de l'éducation apparaît très sombre. Mais ce problème est aggravé par des carences de l'analyse, au sein même de notre communauté, de l'origine des menaces qui pèsent sur la recherche publique, les universités et l'éducation. En particulier, le rôle essentiel des institutions européennes (Union Européenne, UE) et internationales (Organisation Mondiale du Commerce, OMC; Organisation de Coopération et Développement Economiques, OCDE ; Fond Monétaire International, FMI ; Banque Mondiale...) n'est guère évoqué par ceux qui, au CNRS et dans d'autres EPST, entendent contester la politique de démantèlement de ces organismes. Il en est de même de la stratégie de Lisbonne, du processus de Bologne, de l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l'OMC... Peut-on s'opposer efficacement à ce que l'on évite même de nommer ?

Les lois sur la recherche et les universités de 2006-2007 (Loi n°2006-450 du 18 avril 2006 de programme pour la recherche et Loi n°2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, LRU) ; la mise en place de l’ANR et de l’AERES ; la fragmentation en instituts du CNRS et de l’INSERM ; les actuels projets de décret mettant notamment en cause le statut des enseignants-chercheurs... constituent l’application prévisible de la « logique gestionnaire » de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances d'août 2001 (LOLF), qui faisait à son tour suite à la stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000 et à la politique définie par l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS). L’OMC a été mise en place en 1994 par l'Accord de Marrakech, après un cycle de négociations commencé en 1986. L’AGCS est une annexe à cet Accord. Dès 1984, à l'époque de la politique dite de « rigueur » et « d'austérite », cette évolution avait été prévue par les coupoles de « décideurs ».

Aucune action ni intervention, si spectaculaire et médiatisée soit-elle, ne pourra être efficace si elle n'a pas pour ingrédient et objectif primordial une explication claire devant l'opinion publique des véritables enjeux et de l'origine des menaces qui pèsent sur les services publics. Au sein du Conseil d'Administration d'un organisme comme le CNRS, cette dénonciation est également nécessaire, de manière « interne » comme devant l'opinion publique. Mais force est de constater qu'alors que la direction du CNRS insère publiquement son action dans le cadre de la stratégie de Lisbonne et du « marché de la recherche » à l'échelle européenne, les élus au Conseil d'Administration ne se sont guère exprimés à ce sujet. Un tel mutisme ne doit plus durer, si on veut pouvoir défendre la survie de l'organisme et convaincre les citoyens du bien-fondé de notre démarche.

La dimension du problème n'est pas « franco-française ». Des mouvements opposés à la privatisation de la recherche, de l’éducation et d’autres services publics se développement dans d'autres pays de l’UE et sous des gouvernements de toutes étiquettes politiques. Le processus de Bologne, initié en 1998-2000 et présenté dans un premier temps comme une simple « harmonisation des diplômes », s'avère être un outil de la mise en place d'un « marché » européen et mondial de la connaissance, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne.

NON A LA MARCHANDISATION DU SAVOIR ET A LA PRECARISATION DE LA RECHERCHE !

La politique de « rigueur » et « d’austérité » des années 1984-86, dont des éminences grises ont par la suite accédé à des responsabilités du plus haut niveau en France ou à l’échelle européenne et mondiale, y compris dans le secteur privé, a marqué un tournant historique. Elle a ouvert la voie à un processus de privatisation générale de l’économie française et des services publics qui n’a cessé de s’accélérer indépendamment des façades politiques des différents gouvernements. La notion de « marché européen de la recherche » a été mise en avant de plus en plus souvent au cours de la dernière décennie. Quelles en sont les conséquences ?

- Le savoir devenant une marchandise, il doit posséder une valeur marchande et ne peut pas être transmis par un service public gratuit. Il s'ensuit la privatisation de l'enseignement et la fin du service public de l'éducation et des universités tel qu'il a fonctionné en France depuis la Libération.

- Les résultats de la recherche suivant le même sort, la recherche publique doit céder la place à des activités à haute valeur marchande menées notamment par des universités privatisées.

- Le travail intellectuel doit être asservi, les organismes de recherche et les corps de fonctionnaires doivent céder la place à un système basé sur des contrats précaires pour la grande majorité des chercheurs.

- Le marché étant européen et mondial, il ne reste guère de place pour des institutions nationales.

La mise en cause du statut des scientifiques contraste avec le consensus institutionnel français sur les exigences des garanties d'indépendance. Pour comparaison, le site du Conseil d'Etat nous apprend, en ce qui concerne ces garanties, que : « la gestion du Conseil d’État et de ses membres est assurée de façon interne (...) sans interférences extérieures ; (...) même si les textes ne garantissent pas l’inamovibilité des membres du Conseil, en pratique, cette garantie existe (...); enfin, si l’avancement de grade se fait, en théorie, au choix, il obéit, dans la pratique, strictement à l’ancienneté (...) ». Le statut des chercheurs, de plus en plus voué à la précarité, a bien dégringolé si on le compare avec ce descriptif. Pourtant, les scientifiques sont confrontés dans leur travail à des tâches de portée citoyenne nécessitant une véritable indépendance au service de l'intérêt général.

La grande majorité des agents de la recherche publique française rejette le sombre « avenir » que l'on voudrait nous imposer. Les citoyens conscients des enjeux rejettent également ces prétendues « réformes ». Le Conseil d'Administration du CNRS est l'une des instances où nous pouvons envisager de défendre les acquis de la Libération contre la stratégie des lobbies financiers et des multinationales. Nous devons agir pour l'abrogation de la LOLF, de la LRU et du Pacte pour la recherche, pour le retrait des décrets intervenus depuis 2005 et, autant que possible, pour le retrait des ratifications françaises des Traités de Maastricht, Marrakech et Lisbonne.

Ce texte est la suite de nos déclarations de principes aux élections précédentes, et force est de constater que la situation n’a cessé de s’aggraver dans la période récente. Si les décrets et lois intervenus depuis 2005 correspondent à une stratégie de suppression de la recherche publique et de privatisation du savoir, il apparaît également que ces mesures ont été rendues possibles par la fragilisation progressive du CNRS depuis les années 1980. Il est impératif de rejeter fermement l’actuelle offensive contre les organismes publics de recherche, mais en même temps d’analyser sans concessions les faiblesses qui s’y sont installées au cours des dernières décennies. La spirale des années 2000 n’est que la suite de la politique appliquée depuis l’installation en France des logiques « managériales », qui ont été systématiquement imposées au CNRS.

Dès sa première candidature aux élections du CNRS en 2001, notre collectif a souligné les dangers pour les organismes publics de recherche découlant de leurs propres dérives. Dans nos professions de foi, nous avons invariablement plaidé : pour l'application réelle du principe de l'indépendance des scientifiques ; contre les « restructurations » imposées par les groupes de pression ; pour l'efficacité de la recherche et contre le développement superflu de hiérarchies, directions et structures de gestion ; contre la déchéance du métier de chercheur que l’on cherche à transformer en un métier d’exécutant ; pour la réunification des deux corps de chercheurs ; pour le rétablissement de la Thèse d'Etat ; pour une véritable liberté d'initiative, pour une réelle autogestion ; contre le blocage infondé des carrières et les discriminations ; pour la reconnaissance de la créativité et de la valeur scientifique ; pour la primauté des critères scientifiques dans l'évaluation ; contre l'ingérence du « lobbying » et la marginalisation de la compétence ; contre la politique de privatisation et de précarisation de la recherche ; pour le rétablissement du rôle moteur de la recherche publique ; contre la mondialisation sous l'égide des multinationales et des lobbies financiers ; pour la croissance des établissements publics de recherche ; pour l'affirmation d'une recherche française libre et originale ; contre la subordination de la recherche publique à des institutions, groupes dominants et programmes de l’Union Européenne… Aujourd’hui, cette plaidoirie reste valable et le CNRS ne pourra se défendre que par une sévère remise en question.


Le Collectif Indépendance des Chercheurs

Groupe de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques/


mercredi, 10 juin 2009 - 10:27 (CEST) Lien permanent | 0 commentaires
Nouveau complément à notre profession de foi (7 avril 2008)

Troisième addendum : la recherche française, au bord du gouffre.


L'avenir du CNRS paraît sérieusement compromis, après l'annonce de sa transformation progressive en une simple agence de moyens faite par Nicolas Sarkozy à Orsay le 28 janvier et confirmée dans un discours du 5 mars qualifiant le statut des chercheurs de « vieux statut mité ». Même si la présidente du CNRS s'est efforcée de rassurer personnels et opinion publique dans son interview du 2 avril dans Le Monde, le CNRS s'est déjà vu retirer son rôle national en matière d'évaluation au bénéfice de l'AERES. Les conseils d'administration du CNRS et de l'INSERM ont soutenu, comme souhaité par Valérie Pécresse, le découpage en instituts de ces établissements. Un mode d'organisation qui avait toujours été rejeté à cause du risque de cloisonnement et d'affaiblissement de l'interdisciplinarité et de l'indépendance des chercheurs. Catherine Bréchignac déclare : « L'intérêt d'un institut est de s'occuper (...) de la programmation de la recherche à long terme, ainsi que de la mise en réseau pour une meilleure synergie au niveau international ». Mais toute la recherche ne se programme pas à long terme, ni ne nécessite de mises en réseau. La présidente du CNRS confirme en réalité la stratégie de transfert aux universités de l'essentiel des activités de recherche. Seuls les grands programmes et les grands équipements resteront de la compétence du CNRS dans ce schéma. Pas pour longtemps car, d'après les principes définis par le Traité de Lisbonne, leur organisation reviendra à terme à l'Union Européenne.


Voir nos notes de blog récentes :

« Sarkozy, Pécresse, la « réforme » du CNRS et le « vieux statut mité » des chercheurs français » (23 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/18/nicolas-s...

« « Réforme » du CNRS et de l'INSERM, interdisciplinarité et perspectives de cloisonnement de la recherche française » (29 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/28/reforme-du-cnrs-interdisciplinarite-et-perspectives-de-cloi.html

« Recherche scientifique française : peut-on partager la précarité ? » (2 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/recherche...

« Les missions du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (3 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/le-cnrs-et-l-interview-de-catherine-brechignac-du-2-avril.html

« L'interdisciplinarité du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (7 avril 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-interdi...


Il semble bien que la recherche française ait été engagée dans une voie très dangereuse. Le Traité de Lisbonne en cours de ratification risque de comporter le transfert à l'Union Européenne, et la délocalisation, d'une partie importante de ses moyens. Une menace directe pour l’IN2P3 et l’INSU, ainsi que pour l’ensemble des activités organisées dans des structures dites « fédératives ». En même temps, la disparition programmée des grands établissements de recherche français ne pourra que favoriser l'emprise des institutions européennes sur le financement et l'organisation de nos activités scientifiques. D’ailleurs, la transformation à terme du CNRS en agence de moyens n’est plus viable dans le contexte du Traité de Lisbonne. La situation est donc très grave.


Indépendance des Chercheurs


http://www.geocities.com/indep_chercheurs


http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com



lundi, 7 avril 2008 - 18:06 (CEST) Lien permanent | 0 commentaires
Nos sites et blogs
Le site "Indépendance des Chercheurs" :

http://www.geocities.com/indep_chercheurs

fonctionne à nouveau. Il y avait eu une panne technique pendant deux jours.

Vous pouvez également visiter notre blog international

http://science21.blogs.courrierinternational.com


Cordialement

Indépendance des Chercheurs

indep_chercheurs@yahoo.fr
dimanche, 16 mars 2008 - 12:11 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
Suite de notre profession de foi évolutive
En attendant qu'un problème technique survenu sur notre site : http://www.geocities.com/indep_chercheurs (espérons qu'il ne s'agit pas d'un piratage) ait été résolu, voici la suite de notre profession de foi évolutive.

Deuxième addendum (14 mars 2008) : la menace de délocalisation de la recherche scientifique

On commence à entendre, de la part de certaines coupoles, des cris d’alerte de plus en plus pressants quant aux conséquences de la politique de délocalisations des deux dernières décennies. On nous avait dit jusqu’à présent que les délocalisations ne concerneraient que le travail dit « peu qualifié ». C’était nier l’évidence, par exemple, de la délocalisation de composantes importantes de la recherche pharmaceutique. Mais à présent, c'est contre cette idée de base que s'est inscrit en faux l'ancien ministre français Jacques Barrot, actuellement vice-président de la Commission Européenne, dans un article publié par Les Echos le 10 mars 2008, intitulé : « Les illusions d'une Europe sans industries ». Barrot écrit notamment :

« Voilà bien une autre illusion : celle de pouvoir rester des donneurs d'ordres à des sous-traitants implantés dans les pays émergents. Celle de prétendre développer une innovation performante sans qu'elle soit fécondée par le nombre et le savoir-faire des exécutants, comme elle le sera notamment en Asie ».

(fin de citation)


Un discours qui tranche avec celui du rapport de juillet 1999 intitulé « Rapport sur les négociations commerciales multilatérales », signé par l'alors députée européenne Catherine Lalumière, ancienne ministre et ancienne secrétaire d'Etat, avec un Inspecteur général des Finances, un conseiller référendaire à la Cour des Comptes et un chargé de mission au Parlement Européen, estimait notamment :

« La libéralisation des échanges offre deux avantages essentiels : elle permet, d'une part, la spécialisation des activités et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accroît, d'autre part, les débouchés qui s'offrent à chaque industrie et conduit donc à une réduction de ses coûts. Les gains qui en résultent, on l'oublie souvent, bénéficient aux consommateurs dont le pouvoir d'achat se trouve accru.

(...)

On observe, depuis vingt ans, une détérioration de la situation relative des travailleurs dont la qualification ne correspond pas aux offres d’emploi, dans tous les pays développés. (...) En Europe, où la réglementation assure un certain niveau de salaire minimal, les travailleurs dont la qualification est moins demandée ou qui sont peu qualifiés ont été proportionnellement les plus frappés par le chômage.

(...)

... Il y a des perdants nets au libre-échange. Dans les pays développés, ce sont les travailleurs les moins qualifiés. Avec l'ouverture des frontières, leur production est concurrencée par celle des pays émergents, la valeur attachée à leurs services diminue, leurs salaires sont poussés à la baisse et leur emploi est menacé. A l'inverse, les travailleurs les plus qualifiés voient leurs services de plus en plus valorisés. Leur production trouve de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Ils bénéficient d'une demande croissante et leur rémunération s'améliore ».

(fin de citation, document accessible sur le site du Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi)

Cette doctrine avait confirmée et maintenue par la suite, malgré les alternances politiques de façade. En juin 2003, l’alors ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Francis Mer déclarait dans une interview publiée par le journal Les Echos :

« Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s'appelle la spécialisation internationale du commerce. Prenez l'exemple de la sidérurgie : ce type de métier doit, pour assurer sa survie en Europe, se concentrer au maximum sur le savoir, et localiser sa production là où les coûts, qu'il s'agisse des salaires ou des matières premières, sont les plus avantageux. C'est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l'Europe se mobilise sur l'innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...) ».

(fin de citation)


L’article de Jacques Barrot ce cette semaine acte l’échec d’une politique appliquée depuis deux décennies par tous les gouvernements qui se sont succédés. Mais la « réforme » prévue, mettant en cause l’existence du CNRS, suit le courant de la « pensée unique » des années 1980 - 2000. A présent, la recherche scientifique et technologique française risque d’être l’une de ses principales victimes. Le transfert des moyens budgétaires du CNRS à des universités programmées pour travailler avec les mêmes milieux financiers et les multinationales qui se trouvent à l’origine des délocalisations, augure le pire. Il en est de même des transferts de moyens à des institutions européennes qui non seulement pratiqueront des délocalisations « internes » à l’Union Européenne, mais sont acquises à la politique de la grande finance.


Voir nos trois derniers articles :

«Vers une délocalisation générale de la recherche scientifique française et européenne ? » (11 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers-une-...


« Création d'un Institut européen d'innovation et de technologie et casse programmée du CNRS français » (12 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/creation-...


«
Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique » (13 mars 2008)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalis...


La préservation du service public de la recherche, de ses moyens et de l'indépendance des chercheurs est devenue un enjeu citoyen de première importance. Il est donc urgent de se mobiliser à tous les niveaux contre le projet de démantèlement du CNRS, contre toute tentative de délocalisation de la recherche française et pour la stabilité de l'emploi scientifique. Mais la responsabilité de la situation qui s’est créée ne revient pas uniquement à l’actuel gouvernement, ni à celui d’avant mai 2007. Les lois votées en 2006 et 2007 n’ont été que la suite d’un long processus.


samedi, 15 mars 2008 - 06:58 (CET) Lien permanent | 0 commentaires
La recherche française et le communiqué issu de la réunion du 4 mars
Que penser du communiqué de « plus de 600 directeurs de laboratoires et membres d'instances scientifiques » réagissant au discours prononcé à Orsay le 28 janvier par Nicolas Sarkozy et à la « feuille de route » de Valérie Pécresse pour le CNRS ? Voici le texte issu de la réunion du 4 mars à Paris :

http://4mars.recherche-enseignement-superieur.fr/spip.php?article4



Communiqué de presse suite à la réunion du 4 mars 2008

mardi 4 mars 2008


Ce mardi 4 mars 2008, plus de 600 directeurs de laboratoires de recherche et membres d’instances scientifiques de tout le territoire se sont réunis à Paris pour exprimer leur vive inquiétude sur le nouveau paysage de la Recherche qui est en train de voir le jour au travers des réformes, déjà mises en place (loi d’orientation et de programmation de la recherche de 2006), ou en train de l’être (loi LRU sur les universités), ou annoncées dans le discours du président de la République du 28 janvier dernier.

Nous considérons comme indispensable d’effectuer une évaluation de ces réformes. Ce bilan doit être un préalable à toute nouvelle réforme qui, à défaut, constituerait une fuite en avant.

Nous réaffirmons que toute réforme doit respecter les principes fondamentaux qui suivent, conditions indispensables pour que la recherche française puisse conserver son rang dans les grandes nations scientifiques et accroître son rayonnement international :

- Le plus important d’entre eux est le respect de l’autonomie du champ scientifique par rapport au politique.

- La recherche fondamentale visant à faire progresser la connaissance, sur un front large, est indispensable pour avancer sur les grands enjeux stratégiques et sociétaux, ceux-ci pouvant être dégagés par la puissance publique. Elle doit s’appuyer sur la coopération et non sur la concurrence.

- Les différents opérateurs de recherche (organismes et établissements d’enseignement supérieur) ont vocation à mener une politique scientifique, se concrétisant et se complétant au niveau du laboratoire.

- Un renforcement significatif des financements de base pluriannuels alloués aux laboratoires de recherche, par rapport aux financements sur projets à court-terme plus finalisés (Agence Nationale de la Recherche), est indispensable. Remarque : les financements de base des laboratoires sont en forte baisse (par exemple baisse de 15% en moyenne en 2008 au CNRS).

- L’attractivité des métiers de la recherche passe non seulement par une revalorisation des rémunérations et des carrières des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, mais aussi par le renforcement d’une politique de recrutement sur poste permanent le plus rapidement possible après la thèse. Le doctorat doit être réellement reconnu comme diplôme professionnel.

- Les conditions permettant aux enseignants-chercheurs d’exercer leur activité de recherche doivent être améliorées.

- Le CNRS, opérateur de recherche généraliste, pluridisciplinaire, est un garant de la recherche fondamentale, et un partenaire des établissements d’enseignement supérieur. La transformation du CNRS, après l’INSERM, en un ensemble d’instituts présente de ce point de vue des risques d’éclatement de l’organisme.

- L’évaluation des personnels et des structures à l’échelle nationale doit comporter une forte proportion d’élus par les pairs.

Nous, directeurs de laboratoires et membres d’instances scientifiques, avons des propositions à faire sur l’évolution de la politique de recherche et les remettrons au plus vite. Nous maintenons la vigilance et prendrons toute action appropriée si les décisions gouvernementales remettaient en cause les principes que nous venons d’énoncer.


(fin de citation)


Notre premier commentaire :
Cette déclaration comporte des points positifs (dénonciation du risque d’éclatement des organismes comme le CNRS ; défense de la stabilité de l’emploi scientifique…). Elle est floue, en revanche, sur d’autres. Par exemple, que faut-il entendre par « autonomie du champ scientifique » ? Une telle « autonomie » risque d'être, tout compte fait, celle de quelques « chefs ». Le principe de l’indépendance des chercheurs (de chaque chercheur ! ) n’est pas clairement affirmé, et ce sont des « directeurs » et des « membres d’instances » qui s’expriment théoriquement en leur nom. Malheureusement, ce type de démarche apparaît trop souvent devant l’opinion publique comme une mobilisation de personnes influentes. Au point que Le Monde intitulait son article 4 mars sur cette réunion : « 600 patrons de laboratoire sonnent la mobilisation des chercheurs ». C’est sans doute le grand point faible des principales initiatives dites de « défense de la recherche » depuis les années 1990, et la source de nombreuses ambiguïtés récurrentes de ces mouvements qu’il conviendra d’analyser.


vendredi, 7 mars 2008 - 10:34 (CET) Lien permanent | 0 commentaires

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