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Hady Ba (hady76ba)

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Dernière mise à jour :
mar., 16 juin 2009
Membre depuis : juillet 2006

Nuage de tags

Essayons donc d être éclectiques mais de réfléchir rigoureusement et librement! Toi qui passe par ici laisse donc ta marque!

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Enfin décidé à rentrer dans ce siècle!Ici je parlerai de philo, de politique, de sciences et de bien d'autres choses!

New Year New Blog
Ca se passe désormais ici. Je n'ai pas encore décidé de ce que je ferai de ce blog.

http://hadyba.wordpress.com/
jeudi, 15 janvier 2009 - 19:17 (CET) Lien permanent | 6 commentaires
Aristote chez les cordeliers

Pour mon mémoire de maitrise, j'avais travaillé sur la mécanique quantique. C'était un travail d'histoire des sciences, le but du jeu étant d'abord de retracer l'émergence de cette théorie puis de voir comment elle devrait affecter nos catégories conceptuelles. A la toute fin de ce travail, je parlais des développements postérieurs de la MQ, notamment de la théorie des cordes. C'était vraiment très bref mais ce que je disais, c'était qu'avec la théorie des cordes, nous arrivions à un moment où la physique, les mathématiques et la métaphysique se rejoignaient de nouveau. Je dois avouer que même avec le recul, je n'ai pas vraiment changé d'avis. Il me semble que ceux qui font de la théorie des cordes ne font plus vraiment de la physique mais de la métaphysique. On peut, me semble-t-il trouver un critère très simple pour distinguer la physique de la métaphysique: la physique est falsifiable alors que la métaphysique peut être potentiellement falsifiable (la bonne métaphysique l'est toujours) mais est d'abord une spéculation, non pas comme le disait Bertrand Russell sur l'ameublement du monde mais sur l'ameublement possible du monde. Je veux dire que le bon métaphysicien se donne des contraintes puis déploie rigoureusement ses outils de pensée pour voir toutes les conséquences qui en découlent sans se censurer. C'est grâce à une telle méthode par exemple que Lewis arrive à la conclusion que nous devons accepter que l'infinité de mondes possibles que nous posons quand nous faisons de la sémantique formelle est bien réelle et que si nous sommes conséquents, nous devons accepter qu'il existe des univers parallèles dans lesquels nous avons des homologues presque identiques à nous sauf en ce qui concernent des points minimes [Perso, j'ai une affection toute particulière pour mon homologue sportif qui sort avec Jenifer Anitson!]

Si nous acceptons cette caractérisation de la métaphysique, deux choses devraient nous sembler évidentes: d'une part les outils formels les plus puissants que nous ayons en ce moment sont certainement les outils mathématiques et d'autre part, ce que nous savons avec certitude de l'ameublement du monde nous vient de la physique. De ce double constat, il me semble devoir découler que le développement de la métaphysique ne devrait pouvoir se faire qu'à partir des limites actuelles de la physique. Le problème avec ce fait, c'est que cela veut dire que les seuls qui devraient pouvoir faire de la métaphysique à l'heure actuelle sont les gens qui ont une formation scientifique telle qu'ils puissent bosser à l'intersection des maths et de la MQ. Aucun philosophe n'a malheureusement une formation aussi pointue en science, ce qui signifie que ceux qui font actuellement progresser la métaphysique ne sont pas vraiment les métaphysiciens professionnels mais des gens qui ignorent qu'ils sont en train de faire de la métaphysique!


C'est à cette conclusion que j'étais parvenu dans mon mémoire de maîtrise et j'y repense en ce moment parce que je viens de lire grace au blog de de Woit ce texte de Freeman Dyson écrit pour l'American Mathematical Society. A la fin de ce texte, consacré à sa vision des mathématiciens comme pouvant se classer en deux catégories: les grenouilles et les oiseaux [« Birds fly high in the air and survey broad vistas of mathematics out to the far horizon. They delight in concepts that unify our thinking and bring together diverse problems from different parts of the landscape. Frogs live in the mud below and see only the flowers that grow nearby. They delight in the details of particular objects, and they solve problems one at a time. »], Dyson parle de ceux qui sont sans doute les plus doués des oiseaux du champs mathématique actuel: les théoriciens des cordes comme Ed Whitten. De ces gens là, Dyson dit trois choses. D'abord que ce sont des mathématiciens de premier ordre. Ensuite que ces gens là pensent faire de la physique et non des mathématiques. Enfin qu'il n'y a aucune preuve que ce que Whitten et ses amis font est de la physique. Les théoriciens des cordes font certes des prédictions mais ces dernières demandent souvent des quantités d'énergie tellement importantes qu'il n'est pour l'instant pas possible de mettre en place des protocoles expérimentaux qui les falsifieraient potentiellement[1] . Il me semble indéniable que Ed Witten, qui après tout est l'un des rares physiciens à avoir eu une médaille Fields fait des mathématiques. Il me semble par ailleurs évident qu'il se considère avant tout comme un physicien. Ce qui m'étonne quant à moi, c'est qu'aucun métaphysicien sérieux ne se soit réellement intéressé à ses travaux[2]. Si les théoriciens des cordes ont raison et que les particules élémentaires ne sont rien d'autre que des vibrations d'une corde, il me semble que c'est là quelque chose d'excitant à penser pour quelqu'un qui s'intéresse à la structure ultime de la réalité. De plus, que peux bien signifier cette idée selon laquelle notre espace-temps aurait non pas 4 dimensions mais entre 10 et 26 dimensions? Je trouve vraiment dommage qu'il n'y ait pas de vraie exploration partant d'un point de vue métaphysique assumé de ces champs ouverts par la physique quantique. Si vous en connaissez, faites-moi signe.

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[1] Quoique avec le LHC, il est possible que cela change rapidement!

[2] Remarquez que si ça se trouve, cette phrase ne révèle rien d'autre que mon ignorance crasse de la métaphysique contemporaine: je ne suis pas assez au courant de ce qui se passe dans ce domaine pour affirmer aussi péremptoirement qu'aucun métaphysicien ne bosse sur les implications de la théorie des cordes!

PS: Je dois partir mais je mets des liens la prochaines fois que je suis ur le net et ai du temps. Désolé.

mardi, 13 janvier 2009 - 10:40 (CET) Lien permanent
Wishful thinking

Le Shin Beth et le chef de l'armée israélienne assurent le président Olmerts qu'il y a des signes de désorganisation du Hamas, qu'il y a là une occasion historique d'éliminer totalement cette organisation et que la désobéissance civile à l'encontre du Hamas commence. D'après certains journalistes, Olmerts les croit d'autant plus que sa cote de popularité commence à remonter dans les sondages. Sur un plan purement stratégique, cette attaque de Gaza me paraît totalement stupide et contre-productive mais ce n'est même pas la peine de le dire: il suffit tranquillement d'attendre que les bombes cessent de tomber puis de voir si les tirs de roquette voire les attentats suicide ne reprennent pas. Le seul objectif stratégique qui pourrait être réalisé par cette guerre, c'est de faire élire Mme Livni. Si tel en est bien l'objectif, nous pouvons d'ores et déjà prédire que cette guerre sera probablement un succès.


C'est sur le plan moral que cette guerre me paraît désastreuse pour Israel. Il en va de cette guerre comme de Guantanamo: on peut tourner les choses comme on veut mais le fait est qu'une société qui se veut démocratique a choisi de s'imposer des standards qui ne sont pas ceux d'une société barbare. Quels que soient les enjeux stratégiques, une démocratie ne torture pas, ne bombarde pas des endroits à haute densité d'habitants civils. Point barre. Si Israel veut descendre les chefs du Hamas, qu'il le fasse au moins proprement.


Tout ceci est très désespérant mais franchement, je ne crois pas que j'aie grand chose d'autre à en dire. On peut juste espérer que la nouvelle administration US aura le courage d'imposer un plan de paix équilibré. Et pendant qu'ils y sont, s'ils pouvaient jeter un coup d'oeil au Congo, ce serait cool.


mardi, 13 janvier 2009 - 10:34 (CET) Lien permanent | 8 commentaires
Nisbett & les peuls
Nisbett & les peuls agrandir

Je mets en ligne ce mini-mémo informel que j'avais écrit pour un de mes amis qui commençait à s'intéresser à Nisbett. Je me dis que cela pourrait être utile à certains d'entre vous.


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He shrugged. “There were rumors, of course. I don't really know for certain. Eventually, Duck went bankrupt and his wife divorced him. Then of course he shot himself.”

Why 'of course'?”

I don't know, it's another southern thing -how you'd expect the story to go. [...]”

Jay McInerney The Good Life, Vintage Contemporaries, p. 116 [édition de poche]


Un de mes amis médecin qui servait dans des villages peuls affirme que quand un mari découvre que son épouse est infidèle, la manière de sauver l'honneur consiste à attaquer l'amant au sabre mais à couvrir la belle infidèle de cadeaux.



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Il y a tout un courant de recherches qui va de la théorie des jeux à l'économie expérimentale en passant par la psychologie évolutionniste qui essaie de comprendre comment certaines caractéristiques des interactions humaines [caractéristiques plus ou moins morales mais non conformes à ce que prédirait une théorie du choix rationnel orthodoxe] ont pu émerger.

Ne sachant pas du tout quel est votre degré de familiarité avec ces recherches, je vais commencer par brièvement parler de l'altruisme et de la punition altruiste qui sont les tartes à la crème du domaine avant de passer sans transition à Nisbett.

Altruisme: supposons le jeu suivant. L'expérimentateur donne de l'argent à une personne (mettons 100 dollars) et lui demande de partager à sa guise cette somme avec une autre personne qui lui est totalement inconnue et qu'elle ne reverra plus jamais. Ce que l'on remarque, c'est que l'écrasante majorité des gens (et c'est un phénomène largement trans-culturel) donne plus de trente pour cent de la somme, quel que soit le soin que l'expérimentateur mets à leur expliquer qu'ils ont le droit de donner zéro dollar.

Punition altruiste: Le même jeu, mais cette fois, la personne qui reçoit a le droit d'accepter ou de refuser l'offre qui lui est faite. Il y a une série de jeux et si le protagoniste refuse l'offre, l'expérimentateur reprend la somme (en gros, refuser une offre trop faible pénalise les deux). Un complice de l'expérimentateur prend place dans le jeu et fait systématiquement des offres trop faibles. Ce que l'on remarque, c'est que même si ça leur coûte de l'argent, la plupart des gens prennent la peine de punir celui qu'ils considèrent comme un tricheur en refusant ses offres. De même si on donne un pécule à un observateur du jeu précédent en lui demandant de punir la personne qui fait une offre trop faible en choisissant une somme qui lui sera retirée, sachant que retirer 10 dollar à une personne qui n'a offert que 10% de la somme à son protagoniste vous coutera 10 dollars, la majorité des observateurs punit les offres jugées trop basse, se privant d'un pécule qu'ils auraient pu garder à la fin de l'expérience.

NB: Ces expériences se font évidemment avec de l'argent réel et ce qui gagné ou perdu par le joueur est gardé par lui à la fin du jeu.


La question que ces résultats posent, c'est celle de savoir comment de tels comportements, certes moraux, mais couteux sur le plan évolutionnaire ont pu émerger? La réponse que les psychologues cognitifs font est double. D'abord du point de vue de la survie du groupe plutôt que de l'individu, il est avantageux d'avoir des individus qui font strictement respecter la loi et qui coopèrent avec leurs semblables. Du point de vue individuel, si nous considérons que nous sommes essentiellement des êtres grégaires, il est important pour chacun de nous de recruter des alliés. La meilleure manière de se faire des alliés, c'est d'être fiable dans les interactions sociales quoi que cela nous coûte. Étant donné que dans une société de coopération généralisée, l'émergence d'une catégorie de tricheurs serait une catastrophe parce que cette catégorie profiterait de la bienveillance généralisée et ruinerait le système tout entier [cf. Wade et sa bande de gangsters au Sénégal] il est également important qu'émerge dans la société une catégorie d'impénitents 'punisher' qui veille à ce que les tricheurs ne prolifèrent pas. Sur le plan personnel, punir un tricheur même si c'est couteux est un signal envoyé à ses semblables qui fait de vous une recrue de choix dans le jeux des alliances sociales.

Ce genre de recherches a bien évidemment beaucoup de limites notamment celle que pointaient Gould & Lewontin dans leur critique du programme adaptationniste i.e. qu'elles font l'hypothèse très forte que tout ce qui existe et est utile a été sélectionné parce que utile. Elles sont cependant intéressantes je pense, ne serait-ce que parce qu'elles permettent d'avoir une approche empirique des comportements humains effectifs; sans préjuger du fait de savoir si elles permettront ou non d'expliquer l'émergence de la morale. C'est dans ce cadre général que s'inscrivent les recherches de Nisbett qui ont donné son livre Culture of Honnor.


Dans Culture of Honnor, Nisbett montre que les habitants du Sud des États Unis acceptent plus volontiers que l'on utilise la violence pour régler des disputes et sont plus tolérants envers le meurtre; à condition que l'on ait tué pour protéger son honneur. Une des expériences qu'il utilise pour étayer sa thèse est la suivante. Un chômeur envoie des lettres de candidature à des employeurs potentiels en expliquant qu'il sort de prison ayant malencontreusement tué dans un bar une personne qui l'avait insulté. [On fait varier la raison du meurtre qui peut être purement crapuleux, de légitime défense ou bien lié à une question d'honneur]. On trouve qu'en cas de meurtre motivé par une question d'honneur ou par la réaction à une insulte, les sudistes sont plus susceptibles de se montrer compréhensifs voire d'offrir leur soutien à un individu qui a certes commis un meurtre mais est essentiellement un homme d'honneur. Nisbett pense qu'on peut lier cette tolérance envers les crimes d'honneur au fait que le Sud des USA avait été principalement colonisé par des peuples de bergers. Or dans un système pastoral, étant donné que l'on est souvent isolé à surveiller des troupeaux et que les vols de bétail sont théoriquement faciles, il est important d'envoyer clairement le signal que l'on est prêt à sur-réagir à toute attaque. Et une excellente manière de le faire est de se montrer extrêmement susceptible et de faire de tout et n'importe quoi une question d'honneur qui se règle dans le sang. Si les gens savent que vous êtes prêt à tuer pour un regard de travers, ils hésiteront à attaquer votre troupeau! En lisant Nisbett, je pensais à mes parents peuls notoirement violents et c'est pour cela que j'ai commencé par l'histoire de mon ami médecin qui sert dans la région de Thiès. Il me semble qu'un modèle comme celui de Nisbett peut expliquer à la fois pourquoi l'infidélité des femmes mariées est si répandue chez les bergers peuls (comparés aux wolofs aux cotés desquels ils vivent par exemple) et pourquoi elle déclenche souvent des bains de sang qui s'étendent rarement jusqu'à la femme infidèle. Cette dernière en effet donne l'occasion à son mari d'envoyer à la communauté toute entière le signal qu'il ne se laissera pas faire et qu'il est assez 'fou' pour tuer quiconque touchera sa femme. Well, s'il réagit ainsi pour une simple infidélité, qui sait ce qu'il fera à la personne assez inconsciente pour toucher son bétail dont chacun sait que c'est le vrai amour du peul?


Nisbett considère que d'un point de vue évolutionniste, c'est un avantage sélectif pour un berger que d'être susceptible et de laver dans le sang toute atteinte à son honneur parce que contrairement à un paysan, le berger peut perdre la totalité de son patrimoine en cas d'attaque alors que dans le pire des cas, il restera au fermier son terrain pour rebâtir sa fortune.



Tags: psychologie, nisbett, peuls
mercredi, 7 janvier 2009 - 12:39 (CET) Lien permanent | 10 commentaires
Cassandre
Indien via Krugman.

Il me semble assez inquiétant que le très péremptoire Larry Summers soit très probablement le futur chef des conseillers économiques d'Obama.
Tags: économie, raguramrajan
samedi, 3 janvier 2009 - 19:00 (CET) Lien permanent

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