quelle ironie cette vie (a lire jusqu'au bout svp
Mary : Mon cher John. J’espère que tu vas bien. Je n’ai pas reçu de lettre de ta part depuis un mois. Je m’inquiète. Est-ce que tu vas bien ?
John : Ma chère Mary. Ne t’inquiète pas. Je vais bien. Je suis très occupé, c’est pour cela que je n’ai pas eu le temps de t’écrire dernièrement. Joyeux anniversaire !
Mary : Je te remercie de tes voeux. J’espère que tu vas toujours bien. Mais quand est-ce que tu viendras ? SI jamais tu viendras…Jusqu’à quand on va communiquer uniquement par les lettres ? Tu m’appelles aussi rarement. Ta présence me manque. Je voudrais te revoir…
John : Ce qui compte, c’est que tu existes toujours pour moi et que j’existe toujours pour toi. Tu sais ? Aujourd’hui j’ai pris mon diplôme de droit !
Mary : Quel événement agréable ! Félicitations mon cher John ! Je suis très contente que tu sois devenu ce que tu voulais ! Depuis que nous étions à l’école tu me disais que tu voulais devenir avocat. Félicitations encore une fois, Maître !
John : Toi, Mary, est-ce que tu continues toujours à écrire, à composer et à peindre ? Depuis que nous étions à l’école tu me disais que tu ne t’arrêterais jamais.
Mary : Oui, je continue toujours et je ne me suis jamais arrêtée. Je vais toujours continuer sans jamais abandonner mon art. Je vais continuer jusqu’à ma mort. Mais, est-ce que je vais te revoir avant de vieillir…avant de mourir ?
John : Ne dis pas de bêtises Mary ! Tu parles de la mort alors que nous sommes encore jeunes et vivants !
Mary : Tu as raison. Je ne dois pas parler d’une façon macabre. Mais tu me manques et je t’aime. Je t’attends toujours.
John : Et toi aussi tu me manques. Et moi aussi je t’aime. Attends-moi. Je ne sais pas quand est-ce que je viendrai mais je viendrai. Tu sais, demain je pars pour New York pour mon premier procès. Joyeux Noël !
Mary : Mon cher John. Bonne année ! Aujourd’hui j’ai un rendez-vous avec mon éditeur. Je me prépare à publier mon premier livre.
John : Que je suis fier de toi ! Tu mérites beaucoup ! Tu mérites tout !
Mary : Je vais te l’envoyer dès qu’il sera publié. Je vais aussi t’écrire une dédicace. Je travaille beaucoup ce dernier temps. Je voudrais publier en livres tous mes manuscrits.
John : Tu vas publier en livres tous tes manuscrits ! J’en suis certain ! Tu as tant de volonté, tant de persévérance, tant de force et tant de talent !
Mary : Je te remercie de tes paroles touchantes ! Joyeuse fête ! Comment ça s’est passé ton premier procès à New York ?
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John : Ca s’est très bien passé. Je me prépare pour le deuxième.
Mary : Je suis contente pour toi ! Je suis fière de toi ! Moi, de mon côté, je me prépare à publier mon deuxième livre. Je vais te l’envoyer aussi. Je vais t’écrire une autre dédicace. Je t’ai envoyé une lettre et j’ai dessiné un coeur sur le papier ! Un grand coeur rouge ! Dans l’enveloppe j’ai mis quelques fleurs que j’ai cueillies dans le jardin de ma mère. La semaine dernière, nous sommes allées toutes les deux faire une excursion. J’avais besoin d’un peu de repos.
John : C’est très bien ma chère Mary. Ne reste pas toujours enfermée à écrire, à composer et à peindre. Tu dois sortir aussi de temps en temps. C’est nécessaire.
Mary : Oui, John mon bien-aimé, tu as raison. Je ne dois pas toujours rester enfermée à la maison avec mes occupations artistiques. C’est certain que j’aime ma solitude car avec elle je crée. Mais parfois je ne peux pas la supporter. Surtout les nuits, quand je me sens fatiguée et j’arrête de créer. Surtout les nuits, quand tu es toujours loin de moi alors que je ressens et je rêve que tu es à côté de moi…près de moi…Là où j’ai l’impression et l’illusion de te toucher, je touche une ombre…Car finalement tu n’es pour moi qu’une ombre…Quand est-ce que je vais te revoir ? SI jamais je te revois…Quand est-ce que nous allons nous revoir ? SI jamais nous allons nous revoir…
John : Mary ma bien-aimée. Hier j’ai rencontré une jeune femme. Je suis sortie avec elle mais ne crois pas qu’il s’est passé quelque chose entre nous. Tu es la femme unique que j’aime et aucune autre ne pourra jamais prendre ta place. Tu es irremplaçable. Quand je te compare avec une autre femme je constate que la comparaison est superflue parce que tout simplement, tu ne peux pas être comparée. Tu es incomparable !
Mary : Alors, viens à côté de moi ! Ca suffit avec les lettres ! Viens ! SI jamais tu viendras…
John : Aujourd’hui j’ai un rendez-vous avec un de mes clients à six heures de l’après-midi. Demain matin à huit heures je dois être au tribunal. Le procès de demain est très important pour ma carrière. Je suis vraiment débordé.
Mary : Moi aussi j’ai beaucoup de travail. Des jours et des nuits je corrige les fautes de l’imprimerie. Et j’ai tant de manuscrits…des pages sans fin…Je corrige et en même temps je continue à écrire, à composer et à peindre. Mais mon cher John ! Au nom de Dieu ! Est-ce que nous vivrons toujours avec la correspondance ? Nous n’allons plus jamais nous revoir ?
John : Mary ma bien-aimée. Tu dis encore des bêtises ! Le mot jamais n’existe pas ! Le mot toujours n’existe pas non plus !
Mary : Qu’est-ce qui existe alors ? Eh ? Qu’est-ce qui existe ? Seulement nos lettres existent !
John : Tu as tort ma chère Mary. Il existe notre amour, il existe nos sentiments mutuels. J’existe pour toi et tu existes pour moi. Je ne t’oublie jamais. Je me souviens toujours de toi.
Mary : Mon John bien-aimé. Tu m’as écrit dans une de tes lettres précédentes que le mot jamais n’existe pas, que le mot toujours n’existe pas non plus. Et pourtant. Maintenant tu me dis que tu ne m’oublies jamais. Tu me dis que tu te souviens toujours de moi. Soit…Je suis d’accord que notre amour existe, je suis d’accord aussi que nos sentiments mutuels existent.
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Je suis d’accord que tu existes pour moi et que j’existe pour toi. Mais tout cela uniquement … par la correspondance !
John : Mary ma bien-aimée. Tu sais qu’il faut attendre. Tu es la seule femme que j’aime et que j’aimerai pour toujours. Joyeuses Pâques ! Sors et essaye de casser quelques oeufs rouges comme c’est la coutume !
Mary : Je sais qu’il faut attendre. Oui, je suis sortie. Le dimanche de Pâques je suis allée avec ma mère chez ma tante à la campagne. J’ai passé une bonne journée. J’ai aussi cassé plusieurs oeufs rouges ! Il y avait chez ma tante un beau jeune homme qui me regardait sans cesse. Nous avons discuté ensemble jusqu’au soir et puis nous sommes tous partis.
John : Que tu dises aux beaux jeunes hommes de seulement te regarder et te parler ! Rien de plus !
Mary : Ne me dis pas que tu es jaloux ! Quand toi, tu es sorti avec la jeune femme, est-ce que je t’ai fait une scène ?
John : Ma chère Mary. Tu sais bien que c’est toi que j’aime seulement.
Mary : Toi aussi tu sais que c’est toi que j’aime seulement. Est-ce que tu as reçu mes livres ? Je t’ai écrit aussi des dédicaces. Une dédicace pour chaque livre. Je les ai envoyés la semaine dernière.
John : Oui, je les ai reçus hier dans l’après-midi et j’ai déjà commencé à les lire. Dans tes livres je te découvre de plus en plus. Dans tes livres c’est TOI que je vois. J’ai aussi eu beaucoup d’émotion en lisant tes dédicaces si tendres et si affectueuses ! Je te remercie de tout coeur. Avec tes livres tu m’as offert le cadeau le plus cher et le plus précieux de ma vie !
Mary : Je te remercie John mon bien-aimé pour tes bonnes paroles. Tout ce que je t’ai écrit aux dédicaces je le ressens profondément. Tout ce que j’écris dans mes livres je le ressens aussi profondément. Tu sais, quand j’écris, je n’écris pas avec mon intellect. J’écris avec mon coeur et mon âme ! Est-ce que tu vas toujours me lire ?
John : Je te l’ai déjà dit à ma lettre précédente. J’ai déjà commencé à te lire. Je te lirai pour toujours. Je vois dans tes pages ton coeur et ton âme. Et plus je te lis plus je t’admire ! L’été arrive dans peu de temps. Est-ce que tu vas partir en vacances ?
Mary : Cela veut dire que tu ne viendras pas cet été non plus…J’ai compris…Non, je ne partirai pas en vacances. Je vais rester à la maison.
John : Moi, je partirai pour quelques jours à Londres. Un ami avec qui nous étions camarades à l’Université, va m’héberger.
Mary : J’espère que tu passeras de bonnes vacances. Dis-moi, est-ce que tu as reçu les cassettes avec mes chansons ? Je te les ai envoyées il y a dix jours.
John : Oui, je les ai reçues ce matin. En ce moment je suis en train d’écouter ta voix. Tu as une très belle voix ! Ta musique est pleine de sensibilité et tes paroles sont profondes. Je te lis et je t’écoute sans cesse. Toujours je te lirai et je t’écouterai sans cesse.
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Avec tes livres et tes cassettes tu m’as encore une fois offert le cadeau le plus cher et le plus précieux de ma vie ! Je te l’ai déjà écrit, mais j’avais besoin de te l’écrire de nouveau car c’est la vérité !
Mary : Et quand est-ce que tu viendras John ? SI tu viendras…Je suis fatiguée avec les lettres ! Nous ne pouvons pas tout dire dans les lettres ! Je n’en peux plus avec les lettres ! Je vois ton ombre autour de moi. Je vis avec ton ombre. Ta présence me manque !
John : Cela fait dix ans que nous correspondons ! Depuis que nous avons terminé l’école. A moi aussi ta présence me manque mais tu es toujours auprès de moi.
Mary : Oui, c’est vrai que cela fait dix ans que nous correspondons ! Comme les années ont passé… Peu d’années ont passé ? Beaucoup d’années ont passé ? Peu par rapport à l’éternité et beaucoup par rapport à la vie humaine qui est sicourte…La vie s’en va et ne retourne plus…Elle coule comme la rivière…Quand est-ce que tu viendras ? SI tu viendras…Toi aussi tu es auprès de moi mais en même temps, tu es TRAQIQUEMENT loin de moi !
John : Tu sais Mary…J’ai de la difficulté pour te dire ce que je veux te dire. Voilà…C’est-à-dire…Je vais te parler ouvertement. Je me marie dans un mois !
Mary : Ah ! Tu te maries ? J’ai bien entendu ? J’ai bien lu ? J’ai bien compris ? Est-ce que je dois me sentir contente ou triste ? Félicitations !
John : Elle est tombée enceinte c’est pour cela que je me sens obligé de me marier.
Mary : C’est alors pour cette raison que tu te maries avec elle ? Moi, je suis divorcée depuis dix ans.
John : Tu ne m’avais jamais dit que tu étais mariée.
Mary : C’était à l’époque où nous avions commencé notre correspondance. Je ne l’ai pas trouvé nécessaire de te le dire puisque tu n’es jamais venu. Bon. Je ne te l’ai pas dit. Je te le dis maintenant. J’ai aussi deux bons enfants. Un garçon et une fille. J’étais trop jeune quand je les ai eus.
John : Je suis content que tu aies deux bons enfants. Ils ne pouvaient pas ne pas être bons avec une mère comme toi ! Mais je reste stupéfait qu’après dix ans de correspondance, c’est maintenant que j’apprends que tu as été mariée, après que tu as divorcé et que tu as des enfants. Je te souhaite tout le bien pour toi et pour tes enfants. Je t’aime toujours. Sois prudente, fais attention et ne te fatigue pas trop. Tu as beaucoup de responsabilités avec les enfants et en plus tu as beaucoup d’activités artistiques. Je te le répète. Sois prudente, fais attention et ne te fatigues pas trop.
Mary : Je fais attention. Ne t’inquiète pas. J’essaye de mettre en équilibre d’un côté la maternité, c’est-à-dire, le temps que je veux consacrer à mes enfants, et de l’autre côté mes activités artistiques, c’est-à-dire, le temps que je dois consacrer à l’écriture, à la composition et à la peinture. Au moins, j’essaye.
John : Cet effort doit être très difficile.
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Mary : En effet. Cet effort est très difficile.
John : Je t’admire Mary ma bien-aimée. Tu es capable de tout faire. Tu es pleine des valeurs ! Tes enfants doivent être fiers de toi !
Mary : Moi aussi je suis fière de mes enfants ! Même très fière ! Joyeux Noël ! Cet après-midi les enfants et moi, nous allons décorer le sapin de Noël. Comme il est beau notre petit sapin, décoré de boules et de couleurs qui brillent ! Ce Noël aussi nous ne serons pas ensemble…Et beaucoup d’autres Noëls nous ne serons pas ensemble non plus…QUEL Noël serons-nous ensemble ? Mais dis-moi. La femme avec laquelle tu te maries est-elle bonne ? Dans peu de temps tu vas devenir père !
John : Toi, tu es devenue mère avant moi. Bonne année ma chère Mary !
Mary : Bonne année mon cher John ! Malheureusement on n’a pas eu d’enfants ensemble. C’était le destin… Ma mère t’envoie ses amitiés.
John : Ma mère aussi t’envoie les siennes. Elle voulait toujours que tu sois sa fille…et moi…et moi…J’ai toujours voulu que tu sois ma femme. Toujours…Mais la vie « décide » autrement…Nous prenons le chemin pour arriver quelque part et la vie nous mène ailleurs…
Mary : C’est le destin. Tu m’as dit de ne pas utiliser les mots jamais et toujours. Ce que je sais, c’est que jamais nous n’arrêterons d’écrire des lettres. Nous écrirons pour toujours…
John : Mary ma bien-aimée ! Joyeuses Pâques ! Je suis devenu père ! J’ai eu un fils !
Mary : Toutes mes félicitations mon cher John ! Est-ce que tu es heureux avec ta femme ? Est-ce que tu l’aimes ?
John : Elle est une bonne mère. C’est toi que j’aime seulement. C’est toi que j’aimerai pour toujours.
Mary : Alors ! Au nom de Dieu ! Pourquoi tu n’es pas venu avant ?
John : Que veut dire avant ? Que veut dire après ? Il me semble que dans la vie, ce qui dure, c’est ce qui ne s’intègre pas !
Mary : Peut-être…Il se peut…L’été arrive bientôt. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma fille. Mon fils me dit que je pourrais me remarier !
John : Joyeux anniversaire à ta fille ! Non ! Ne fais pas cela ! Je veux dire par là…Tu as le droit de te remarier et de faire ce que tu veux…Mais ne fais pas cela !
Mary : Je ne me marierai plus John mon bien-aimé. Sois tranquille ! Je me suis déjà mariée avec mes enfants et avec mon art ! Je n’ai pas besoin d’un autre mariage ! Mon grand père est décédé. Je l’aimais beaucoup. Lui aussi il m’aimait beaucoup. Je me sens très triste.
John : Mes profondes condoléances ma chère Mary. Je sais que tu souffres beaucoup de cette perte. Mais tu as tes enfants…Tu as moi…Et la vie continue…
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Mary : Que j’aie mes enfants c’est certain. Que la vie continue c’est certain aussi. Que j’aie toi, non seulement ce n’est pas certain, mais c’est une illusion qui durera jusqu’à la fin de notre vie ! Je le ressens mon cher John ! Oui, je le ressens ! Nous écrirons des lettres jusqu’à la fin de notre vie et je t’attendrai toujours sans te revoir plus jamais !
John : Ne dis pas de telles paroles Mary ma bien-aimée ! Tu me fais souffrir. Et je ne veux pas que tu souffres non plus.
Mary : Et pourtant, je souffre. Je souffre parce que je SAIS ! Il vaudrait mieux ne pas savoir ! Je voudrais te revoir même pour une seule fois. Est-ce que tu viendras cet été ?
John : Oui, je viendrai.
Mary : Je n’arrive pas à le croire !
John : Excuse-moi Mary, mais nous devons annuler notre rencontre pour cet été. Mon fils ira en colonies de vacances et je dois l’accompagner et rester avec lui. Ma femme ne pourra pas venir.
Mary : Ah ! J’ai compris ! Comment ai-je pu espérer même pour quelques instants, que tu viendrais ?
John : Mary ! Je viendrai une autre fois. Je te promets que je viendrai !
Mary : Non ! Non ! John ! Je t’en prie ! Ne me le promets pas. Ne me promets rien. Je ne veux pas de promesses ! Je t’en prie ! Parce que je voudrais espérer que tu viendras…Parce que je voudrais croire que tu viendras…
John : Je viendrai ma chère Mary. Tôt ou tard.
Mary : Tôt ou tard…Je crois que tu viendras trop tard ! Toi, au moins, tu peux m’écouter chanter dans mes cassettes. Je t’ai laissé ma voix enregistrée. Tu peux aussi me lire. Avec mes livres et ma voix je t’ai laissé mes traces. Comme j’ai écrit dans un de mes livres : «Je laisse une voix derrière moi…»
John : Oui, Mary ma bien-aimée. Tu m’as laissé tes traces. Les traces de ton art qui te font toujours être jeune et immortelle ! Crois-moi !
Mary : Je veux te revoir vivant ! Je ne peux plus supporter le PAPIER de la correspondance ! Nous ne pouvons pas raconter tous les événements de notre vie dans nos lettres, même si nous remplissions plusieurs pages. Nous sommes arrivés à la fin…Je le pressens…
John : Non ! Qu’est-ce que tu dis Mary ma bien-aimée ? Ne dis pas cela ! Je ne sais pas pourquoi, mais je ne crois pas que nous sommes arrivés à la fin. Il se peut, mais je ne le souhaite pas. Je ne crois pas qu’il y ait une fin dans notre cas exceptionnel. Notre cas est unique comme toi aussi tu es unique. Tu resteras dans l’histoire ! Un jour, tout le monde parlera de toi et de tes oeuvres ! Un jour, tes enfants et les descendants te liront et t’écouteront. Comme moi, je te lis et je t’écoute toujours. Dis-moi, comment vont les enfants ?
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Mary : Ils vont très bien. Dans peu de temps ils terminent le lycée. Ils ont vraiment grandi ! Mon fils veut faire de l’informatique et ma fille veut devenir infirmière. Tu as une femme, tu as un fils et un poste important dans la société en tant qu’avocat. Tu dois en être fier !
John : En effet. J’ai un poste important dans la société…Je suis fier de mon fils !
Mary : Moi aussi je suis fière de mes enfants ! Dis-moi, comment va ton fils ?
John : Il va très bien. Il va encore à l’école primaire. Il est encore petit pour décider de ce qu’il va faire plus tard. Moi, tout ce que j’ai fait dans ma vie je l’ai fait avec toi dans mes pensées et dans mon coeur. Et si je t’écrivais quelque chose de désagréable je te ressentirais me sourire tristement.
Mary : John mon bien-aimé, viens maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! Cela fait vingt ans que nous correspondons !
John : Déjà ? Comme le temps passe vite ! Je t’aime. Et pourtant, je t’ai fait souffrir et je t’ai fait pleurer. Je le sais. J’en suis certain. Tu es très fière pour me dire combien tu as souffert et combien tu as pleuré pendant toutes ces années de notre correspondance…
Mary : Moi aussi je t’aime. J’ai appris à souffrir et à me taire ! Toujours toute seule… Comment est le temps ? Il fait beau là-bas ? Ici, il fait très froid. Joyeux Noël et bonne année !
John : Je te souhaite moi aussi Joyeux Noël et bonne année ! Ici, il fait très froid aussi. Il commence à neiger. Il neige de plus en plus !
Mary : Comme j’aime la neige ! Toute la nature devient blanche ! J’ai toujours rêvé de vivre un Noël Blanc ! Chaque Noël je souhaitais qu’il neige pour mettre dans mon balcon notre petit sapin ! Et puis le voir habillé dans la neige tout en blanc sous ses branches vertes avec ses lumières brillantes ! J’ai toujours souhaité une promenade blanche sur la neige…
John : Je veux croire qu’un jour nous vivrons ensemble le Noël Blanc que tu as toujours rêvé de vivre ! Je veux croire qu’un jour nous vivrons ensemble main dans la main la promenade blanche sur la neige…
Mary : Quand nous avons commencé notre correspondance nous étions encore des enfants ! Nous étions jeunes et…vivants ! Est-ce que nous nous reverrons un jour, vieux ou morts ? Je te demande pardon. Je ne sais pas pourquoi je t’écris toutes mes pensées macabres. Peut-être parce que notre correspondance a duré pendant vingt ans et elle dure encore ! Comme les années ont passé ! Quand est-ce que tu viendras ? SI jamais tu viendras…LE PAPIER de la correspondance nous a unis et en même temps, nous a séparés pendant toutes ces années.
John : Mary ! Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils ! Il a grandi !
Mary : Joyeux anniversaire ! Mes enfants ont grandi aussi ! Comme nos enfants ont déjà grandi ! Hier encore ils étaient petits et ils allaient à l’école…Hier encore nous étions camarades de classe et nous allions nous aussi à l’école…Tout est comme si c’était hier !
John : Oui, Mary ma bien-aimée. Tout est comme si c’était hier. Seulement que toi, tu resteras toujours dans mon coeur. Je n’ai aimé que toi dans ma vie.
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Mary : Nous commençons à vieillir John…
John : Moi oui, je commence à vieillir, mais toi, tu ne vieilliras jamais ! Tu resteras toujours jeune et immortelle dans les coeurs des hommes ! Les poètes ne meurent jamais ! Tu es éternelle ! Et tout ce qui est éternel reste toujours jeune et immortel !
Mary : Tes paroles me touchent profondément.
John : Dis-moi, est-ce que tes enfants se sont mariés ? Est-ce que tu as des petits-enfants ?
Mary : Non. Ils ne se sont pas encore mariés. Je n’ai pas encore de petits-enfants. Ils n’ont pas voulu suivre mon exemple car je les ai eus à vingt ans ! J’étais trop jeune. Peut-être qu’ils ont bien fait. Les années aussi ont changé. Maintenant les jeunes se marient plus tard. Comment va ton fils ?
John : Mon fils fait maintenant son service militaire. Après, il voudrait étudier la médicine. Il veut devenir docteur. Quand il était petit il n’aimait pas étudier et maintenant il ne peut pas se séparer de ses livres !
Mary : Quand est-ce que tu viendras John mon bien-aimé ? Jamais ? Je ne peux plus vivre uniquement avec les lettres ! Je ne t’ai pas revu depuis tant d’années…Je suis fatiguée avec les lettres. Je ne peux plus seulement t’écrire sans jamais te revoir ! Je suis un peu malade…Rien de grave…Ne t’inquiète pas…C’est-à-dire…Tout simplement, le médecin m’a dit de faire attention.
John : Qu’est-ce que tu as Mary ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu me dis de ne pas m’inquiéter, pourtant je m’inquiète !
Mary : Ne t’inquiète pas. Comme je t’ai déjà dit…Rien de grave…Je ne me sens pas très bien...Ca doit être la fatigue…
John : Tu sais Mary ! Il y a un mois que j’ai divorcé avec ma femme ! On n’a jamais rien eu en commun.
Mary : Au nom de Dieu John ! S’il te plaît, viens me raconter tout cela de près ! Je veux te revoir ! Je dois te revoir ! AU MOINS ! Une seule fois ! Je vis avec ton ombre. Viens !
John : Je viendrai Mary. Cette fois-ci, je viendrai sûrement ! Ce soir je prends le premier avion !
Mary : Viens ! Je t’attends. Je ne peux plus supporter LE PAPIER de la correspondance !
John : Attends-moi ! J’arrive ce soir ! Je prends le premier avion ! Je viens vivre auprès de toi définitivement.
Mary : Tu viens vivre auprès de moi définitivement ? Non ! Non ! Je N’OSE pas à le croire ! Je t’aime toujours.
John : Je viens ! J’arrive dans quelques heures ! Moi aussi je t’aime toujours.
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Epilogue
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Ici, termine la correspondance tragique et en même temps sublime entre Mary et John. Quand un jour leurs enfants ont trouvé dans les tiroirs la correspondance de leurs parents et après avoir lu toutes leurs lettres, de la première à la dernière, ils ont dit les uns aux autres, pleins d’émotion et avec des larmes aux yeux, les paroles qui suivent :
«Ce soir-là papa a été tué dans un accident d’avion et maman s’est trouvée morte d’une crise cardiaque. Ce soir-là ! Quelle ironie tragique ! Ils n’ont pas vécu ensemble mais ils sont morts ensemble ! Ils se sont aimés toujours ensemble à la vie, à la mort et à l’éternité…»