Et oui, ce beau chaudron, j'ai eu le plaisir de l'avoir sous les yeux quand j'etait au Danemark, et je ne résiste pas à vous presenter son histoire et les divers aspects esoteriques des dessins qui ornent non seulement ses cotés, mais aussi l'intérieur même du chaudron, temoignages magnifiques de rites d'un autres ages... celui des Celtes. Les mystères du « chaudron magique » des Celtes : le chaudron de Gundestrup Le chaudron de Gundestrup est un chaudron, ou vase, datant du I er siècle av. J.-C. retrouvé dans une tourbière du Jutland au Danemark. Il est constitué de l'assemblage de 13 plaques d'argent, (12 richement décorées par martelage et une circulaire constituant le socle et le fond), et mesure 42 cm. de haut pour un diamètre de 69 cm. Il est conservé au Musée National du Danemark de Copenhague, ou votre narratrice l’a vu , dont il est une des pièces les plus célèbres. Il a certainement été fabriqué au premier siècle avant JC, par un peuple qui pourrait être des thraces d’Europe du sud est, qui se seraient appelés les Triballes…En effet, on a cru longtemps que ce chaudron provenait de la Gaule, mais il s'avère aujourd'hui qu'il aurait été fabriqué dans un atelier de l'Europe celtique orientale, peut-être en Hongrie, au Ier siècle av JC. On pense que ce chaudron était un trophée de guerre ramené au Danemark et jeté, à titre d'offrande, dans la tourbière où on l'a retrouvé. Formé de plaques d'argent repoussé, il illustre en un fourmillement d'hommes, de bêtes, d'êtres fabuleux, une histoire dont le sens demeure énigmatique. Le chaudron, de 70 cm de diamètre, est formé de plaques d'argent repoussé. Il présente de nombreux dessins et gravures sur toutes ses faces, dont certaines prouvent à elles seules la qualité artistique de l’orfèvre qui l’a réalisé. Ses faces sont d’ailleurs empreintes de symboles ésotériques, ce qui laisse présumer un usage rituel et religieux. Le chaudron, comme contenant, a pu être employé pour des libations rituelles, des offrandes, ou encore la fabrication de boisson rituelles ou même de plats. Description et interprétation des scènes du chaudron de Gundestrup (source : l’encyclopédie Quillet) Les représentations sur les plaques du chaudron de Gundestrup expriment symboliquement, avec un détail particulier, les mythes de la cérémonie pour laquelle il était destiné. On sait que le chaudron est l’instrument principal de la cuisine des Celtes qui, sauf exception, y font bouillir la viande et y fabriquent la bière. Les documents littéraires irlandais mentionnent les chaudrons à Dagde, à Goibniou et, dans le pays de Galles, à Branwu, qui aurait possédé un chaudron au pouvoir régénérateur. La décoration tout entière du vase d’argent de Gundestrup est en rapport étroit avec son usage religieux, sacrificiel. Dans le fond est figuré un sacrifice, le pourtour répète le sacrifice et développe le mythe de la naissance des Dieux. À l’extérieur sont représentés les conditions du sacrifice, le temps, le cycle des saisons et des fêtes qui leur correspondent. Les Dieux du chaudron sont les dieux des fêtes, dont le rite principal est un sacrifice qui a pour objet d’assurer les plus belles récoltes, le croît du bétail, la naissance de beaux enfants ou la prospérité de la tribu. A l’occasion de ces cérémonies, s’ouvre le monde des morts, que les vivants peuvent alors ressentir. Sur le vase apparaissent le carnassier androphage, la Chienne-louve mangeuse d’hommes de l’Océan, représentations de l’autre monde et aussi de la mer. César parle, dans la « Guerre des Gaules », de sacrifices humains à l’occasion de ces fêtes, notamment des ennemis capturés par les Celtes au cours de sanglants combats. Plus il y a de victimes, plus il est possible de sortir d’âmes de l’autre monde. La mort est le moyen d’échanger une certaine quantité de vies contre des vies nouvelles, ce qui fait là aussi appel au mythe de la renaissance, du cycle des vies, de la croissance et des saisons. Pour revenir aux décorations du vase de Gundestrup, trois victimes y sont figurées: l’homme, le taureau et le cerf, dont le sacrifice ne paraît pas, mais qui sont représentés dans une attitude sacrificielle. Les scholies bernoises de Lucain expliquent la nature des sacrifices humains sur l’une des plaques du chaudron: c’est un sacrifice à Teutatès, au cours duquel la victime était noyée dans un demi-tonneau où elle était plongée la tête la première, rite également pratiqué en Irlande (Mais cette scène pourrait aussi signifier un autre rite religieux, une sorte de baptême). Ces récits donnent l’interprétation de la cérémonie qui est un sacrifice de résurrection. De même le sacrifice à Taranis, annuel celui-ci et au cours duquel les victimes étaient brûlées, est une offrande de fêtes, où plus il y avait de victimes, plus la moisson devait être bonne. A Esus, on offrait des hommes que l’on pendait aux arbres. Il n’y a pas cependant que des victimes humaines parmi les offrandes, et le vase de Gundestrup fait assister à l’immolation d’un taureau qui est une victime de choix. Le chaudron a encore été utilisé, comme l’ont prouvé les scientifiques et archéologues qui l’ont étudié, pour un sacrifice végétal, le sacrifice des grains utilisés dans la fabrication de la bière. Le chaudron a servi à faire la bière rituelle, la boisson qui procure l’extase bachique, dans un culte qui avait pour objet les prémices de la moisson (cultes associé chez les celtes à la déesse EPONA). Dans les rites qui se déroulaient à l’occasion des fêtes, le sacrifice se manifeste encore sous d’autres formes, jeux, courses, où le vainqueur est une victime qui meurt. bref, loin d'être comme le pretendent (encore) certains, un peuple barabare, sans croyance et enfoncé dans le plus pur obscurantisme qui soit, les Celtes ont maintes fois demontrés leur finesse, la compléxité de leur rite, de leur croyance et par la même de leur société, d'uatant plus difficile a apprehender qu'il existe peu ou pas de trace ecrite. mais il existe de magnifiques témoignages de leur habileté, de leur sens de l'estéthisme, et de leur croyances, comme le trés beau et brillant chaudron de Gundestrup. Source : Encyclopédie Quillet. | Le chaudron de Gundestrup Le chaudron d'argent de Gundestrup, trésor mondialement célèbre, atteste la coexistence manifeste-ment pacifique entre deux peuples. Il est décoré de symboles de dieux germaniques mais témoigne aussi du travail caractéristique d'orfèvres thraces. Les Cimbres ont déjà parcouru 1 600 km quand ils arrivent dans la région du Danube, la Hongrie et la Roumanie actuelles. Là, ils croisent le chemin des Scordisques, peuple celtique, et des Thraces. Du Danube, les Cimbres ont rapporté au Danemark un trésor mondialement connu : le chaudron de Gun-destrup. Un paysan danois trouvera dans une fondrière ce chaudron en argent d'une valeur inestimable, lourd de dix kilogrammes. (BILD1) Le chaudron de Gundestrup C'est l'une des plus belles œuvres d'art de l'époque des grandes invasions. Etait-ce un vase sacrificiel - " un Saint-Graal " ? L'iconographie magique, les animaux exotiques inconnus dans le nord posent énigme sur énigme aux archéologues. On y reconnaît des guerriers celtes qui partent pour la bataille. Buvaient-ils de l'hydromel dans ce chaudron pour s'enivrer de leurs victoires ? Ou bien y laissaient-ils couler le sang d'ennemis égorgés ? Un travail de détective Le chaudron appartient au patrimoine national du Danemark. Longtemps, on a cru qu'il provenait du nord de l'Europe. C'est faux, déclare l'archéologue Flemming Kaul. Le chaudron que les Cimbres ont ramené au Danemark était probablement un butin ou un présent. Mais comment le prouver ? (BILD2) Détail du chaudron de Gundestrup Pendant des années, Flemming Kaul en a étudié le moindre détail à la manière d'un détective. On y voit certes des guerriers dont les boucliers ressemblent à ceux que l'on connaît dans le Nord de l'Europe. Ils font sonner le carnyx, l'effrayante trompette de guerre, et portent des casques arborant les symboles de dieux germains. Malgré cela, Flemming Kaul en est convaincu : ce travail d'orfèvre n'est pas l'œuvre des Cimbres. Un indice important : une déesse portant un collier thrace. Un torque identi-que a été trouvé près du chaudron. Offrande aux dieux ? Le chaudron était un symbole d'amitié entre les Cimbres et les peuples rencontrés. En faisant des comparaisons avec d'autres découvertes, Flemming Kaul est arrivé à une conclusion : seuls les orfè-vres thraces étaient capables de réaliser un tel chef-d'œuvre. Ce sont eux que les Cimbres ont dû ren-contrer au cours de leur migration. Mais où donc ? Le chaudron de Gundestrup a certainement été fabriqué dans une région où ces deux peuples ont sé-journé ensemble et, à notre connaissance, cela n'a pu être le cas que dans le nord-ouest de la Bulgarie ou le sud-ouest de la Roumanie. C'est donc de là que les Cimbres ont rapporté le chaudron et le torque au Danemark. Ces objets témoignent de leur migration jusqu'au Danube. Le trésor a été immergé, à ti-tre d'offrande, dans une fondrière près de Borremose. Peut-être pour remercier les dieux de l'issue favorable des combats, peut-être pour exaucer leur prière de trouver une patrie plus hospitalière. Source : http://www.arte.tv/fr |